François Hollande va présenter aujourd’hui des mesures pour faciliter l’embauche dans les PME.

On connaîtra ce matin le détail du dispositif sur lequel le gouvernement travaille depuis la fin mars. Mais il est clair qu’il joue gros là-dessus. D’abord parce que la situation de l’emploi est celle que l’on connaît. Ensuite parce que chacun sait que ce sont les quelques trois millions de PME et des très petites entreprises qui embauchent. Donc, il ne faut pas manquer ce rendez-vous : ce soir les petits patrons (comme on dit) auront senti -ou pas- qu’il s’est passé quelque chose qui va leur donner confiance. Enfin, il joue gros parce que c’est le dernier volet de la panoplie déployé depuis début 2014 sur l’économie : Pacte de responsabilité, loi Macron, loi Rebsamen sur le dialogue social et, donc, mesures TPE.

On sait ce qu’il n’y aura pas dans ce plan !

Il n’y aura pas de smic jeune, c’est sûr. Ces derniers jours, deux ministres de ce gouvernement, en privé, ont reconnu devant moi (d’eux-mêmes, sans qu’on leur pose la question) que le niveau du Smic pose un problème pour des jeunes peu qualifiés embauchés dans des petites entreprises. Mais pour ajouter illico presto que c’est un sujet socialement et politiquement impossible à traiter. Exit donc. Il n’y aura pas non plus de réforme du contrat de travail. Il n’est notamment pas question de modifier les règles de rupture du contrat de travail en cas de coup dur d’une entreprise. Il y a deux mois, Matignon y avait réfléchi. Pourquoi ne pas autoriser un petit patron à se séparer d’un salarié si les résultats de l’entreprise sont en baisse pendant un certain temps ? Mais François Hollande a dit niet assez vite. L’Elysée a également bloqué une idée qui séduisait Manuel Valls lui-même : allonger la durée des périodes d’essai quand vous démarrez dans un emploi.

Ça, c’est ce qui n’a pas été retenu ; voyons ce qui peut l’être…

Cela a été évoqué dans le journal de 7 heures (à vérifier). La principale mesure sera le plafonnement des indemnités accordées aux prud’hommes en cas de licenciement contesté. Il y aura un plancher et un plafond, variables -selon les Echos – en fonction de l’ancienneté des salariés. Il s’agit d’en finir avec la grande loterie des indemnités : en moyenne huit mois de salaire mais plus ou moins selon les endroits. Et puis, on attend des simplifications des seuils sociaux.

Peut-il y avoir des surprises ?

Franchement, on aimerait bien ! Mais que ce plan soit annoncé soixante-douze heures seulement après le congrès du Parti socialiste peut se comprendre de deux façons : ou François Hollande et Manuel Valls ont décidé d’être audacieux, novateurs dans le sens social-libéral, et tant pis pour les frondeurs du PS ; soit cette proximité est un signe avant-coureur de sa prudence et il fera le minimum syndical -si je puis dire.

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