Mardi, j'ai évoqué l'allégement du programme d'économie des lycéens de seconde, avec la suppression du thème du marché et des prix de la liste des contenus obligatoires. Cela a sucité des réactions sur les réseaux sociaux : j'en signale une, argumentée et néanmoins courtoise, d'un spécialiste de cette matière, Philippe Watrelot, sur le site d'Alternatives Economiques (à retrouver ici). On y revient parce qu'une actualité parlante montre, me semble-t-il, que l'étude des prix et des mécanismes d'offre et de demande n'est pas complexe au point de ne pas être comprise par des jeunes de 15 ans. On va parler de ce qui est sur la table du petit-déjeuner ! Ces derniers jours, les cours mondiaux du jus d'orange sont remontés en flèche, à tel point qu'ils ont grimpé de 40 % en deux mois et demi. Pourquoi ? Parce que si la France est touchée par des inondations, les deux premiers producteurs mondiaux de jus d'orange, le Brésil et la Floride, l'ont été bien plus. Et voilà comment l'offre joue sur les prix.Mais il se passe aussi des événements du côté de la demande. La météo ruine la production, ce qui fait monter les prix à court terme, mais un autre phénomène pèse de tout son poids dans l'autre sens depuis quelques années : c'est que l'on boit de moins en moins de jus d'orange dans les pays développés. La consommation fuit de partout. Pourquoi ? Parce que nous ne prenons plus le verre de jus d'orange qui complétait le petit-déjeuner. Autrefois, on se disait que c'était bon pour la santé, aujourd'hui, on sait qu'il y a trop de sucre. Et en plus, le petit-déjeuner on le prend de plus en plus vite, vite avalé, en courant. C'est l'eau minérale qui a la cote. La consommation mondiale de jus a baissé de 15-20 % en cinq ans. Voilà pourquoi les prix du jus d'orange sont quand même plus bas qu'en 2010.Les producteurs s'adaptent tant bien que mal. Ils reconvertissent les plantations avec des bananes, le jus d'ananas prend le relais. Voilà : en une minute, on a parlé de mondialisation (qui n'est pas nouvelle sur les matières alimentaires), évolution de consommation, santé, prix, météo et marchés. C'est parlant et facile ! On aurait pu évoquer le sucre et le cacao, où il y a des phénomènes tout aussi passionnants.

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