Vous nous dites que l’horizon économique se dégage pour l’après-législatives en France…

Oui, on a déjà évoqué ici à ce micro il y a dix jours des indicateurs positifs sur le moral des ménages français, au plus haut depuis dix ans, et sur l’activité économique elle-même. Mercredi, l’OCDE, c’est l’organisme de prévision des pays développés, a fait le pari que la croissance mondiale sera cette année la plus élevée depuis 2011 et que le commerce international repart. Et hier, la Banque centrale européenne a apporté sa pierre à l’optimisme qui plane en ce moment, avec une décision.

Les taux d’intérêt dans la zone euro resteront très bas encore longtemps, a assuré Mario Draghi. Officiellement, c’est parce que l’inflation reste trop basse – un peu d’’inflation c’est bien, c’est un signe de vigueur économique, pour parler vulgairement cela met de l’huile dans les rouages. Officieusement, c’est parce que la BCE voit qu’il y a des élections très proches en France, en Allemagne et en Italie, et les périodes d’élections sont toujours des périodes d’incertitudes. Et concrètement, des taux bas, proches de zéro, c’est une bonne nouvelle pour les investissements, les emprunts immobiliers et ceux des Etats.

Donc, Emmanuel Macron démarre son mandat sur cet acquis.

La BCE, hier, a décidé de ne pas lui mettre (à lui et aux autres pays) d’épine dans le pied en ne refermant pas maintenant la période exceptionnelle de crédit gratuit que nous connaissons -qui a des inconvénients à long terme. Bref, le climat économique dans lequel vont se faire les réformes si le gouvernement gagne les législatives est meilleur. Mais -parce que en économie c’est triste à dire il y a toujours un mais-, mais l’énorme question est de savoir à qui cette croissance qui se raffermit va profiter.

On voit bien depuis dix ans, quand cela frémit, cela n’atteint plus les moins qualifiés, parfois les classes moyennes qui ne retrouvent pas d’emploi. Dire que c’est un problème de formation, c’est la tarte à la crème mais ce n’est pas faux. Mais c’est aussi la fracture territoriale, le déclin de notre industrie etc. L’enjeu du quinquennat, c’est que la reprisette profite à tout le monde et de faire descendre vite le taux de chômage pour qu’au moment où des nuages arriveront -cela arrive toujours- la situation soit bien différente d’aujourd’hui.

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