Tous les jours, des chiffres tombent : ils se répètent beaucoup et nous perdent. Coface essaie de donner des lignes de fond à ces chiffres en détaillant les secteurs qui vont souffrir, à partir de leurs situations financières et de leur exposition à la crise.

L’édito éco de Dominique Seux. Le titre de votre chronique ce matin : des chiffres et des dettes.

Ce qui est compliqué dans cette période économique extraordinaire, c’est d’assimiler chaque jour des dizaines de chiffres, qui se répètent souvent, et d’en extraire des lignes de force. Alors, des chiffres en voilà quelques- uns. Hier, la Banque mondiale nous a appris que le monde va connaître une récession de 5,5%, qui sera surtout forte en Europe. Les pays émergents vont enregistrer leur première récession depuis 60 ans. Mais, ironie grinçante de l’Histoire, la Chine sera le seul grand pays à échapper à la récession – la Chine d’où est parti le virus. Hier aussi, une étude de l’Impérial Collège de Londres nous a appris que le confinement aurait évité la mort d’au moins trois millions d’Européens. Ce matin, on apprend enfin, par les Echos, que le commerce repart bien en France : les ventes sont bonnes, notamment de matériels informatiques, de petit électroménager et des jouets. Le pire n’est pas forcément le seul certain, disait-on ici la semaine dernière. Mais à chaque fois, il faut être prudent – s’agit-il d’une frénésie post-déconfinement ou d’un vrai rebond ? C’est la raison pour laquelle l’assureur-crédit Coface a fait un travail intéressant : il identifie les secteurs qui devraient bien s’en sortir et ceux qui vont souffrir, partout dans le monde, en croisant leur activité et leur situation financière. C’est tout ce qui touche à la mobilité et aux transports qui va durablement être en difficulté. L’aérien pour des raisons évidentes. Mais aussi l’automobile, déjà endetté avant la crise et, on le sait moins, encore plus la métallurgie, où des milliers de PME sont sous-traitants de l’aérien et de l’automobile. Or, ces PME ont peu de résistance financière, elles sont endettées et les faillites menacent. Ensuite, il y a les ventes de détail et de textile-habillement en magasin : les ventes globales peuvent remonter mais les consommateurs ont leurs habitudes sur Internet. A l’inverse, tout va bien ou presque pour l’agro-alimentaire et la pharmacie.

Ce qui marche bien, c’est aussi l’information économique !

Si l’Insee fait un travail formidable, il faut noter que les économistes utilisent maintenant des outils nouveaux comme Google Mobility, le trafic des cartes bancaires ou Flightradar24 pour le trafic aérien. C’est en temps réel et c’est un progrès. Savoir vite permet d’agir vite.

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