Il y a exactement un an, les Européens venaient au secours de la Grèce. Puis, cela a été le tour de l’Irlande et du Portugal.

Depuis un an, les Européens ont tenu à bout de bras trois « petits » pays, mais il va falloir qu’ils paient plus de leur personne que par des prêts. Au moins dans le cas de la Grèce. Les 8 et 9 mai 2010, effectivement, un gigantesque plan d’urgence était décidé. Un parachute de 750 milliards d’euros permettant aux pays en difficulté de ne plus avoir à emprunter sur les marchés pour boucler leurs fins de mois, pour payer leurs fonctionnaires par exemple. La Grèce – 110 milliards -, l’Irlande – 90 milliards – et le Portugal – environ 75 milliards en ont ou vont en bénéficier. Un an après, les catastrophes ont été évitées, mais la fébrilité reste extrême. Ainsi, vendredi soir, les rumeurs folles ont couru parce qu’on a appris que des ministres des finances se réunissaient secrètement à Luxembourg. « C’est fait, çà y est, la Grèce quitte l’euro », disaient des médias allemands. Il n’y a rien eu de tel, mais quelles conclusions peut-on tirer de cette période de fébrilité ? Il y en a trois.

La première est que l’euro n’a pas disparu. Souvenez-vous : les Cassandre promettaient l’éclatement, la mort de la monnaie unique. Cela n’est pas arrivé, l’euro a même grimpé de 14% par rapport au dollar, ce qui est paradoxal pour une monnaie moribonde. L’explication ? C’est une crise de certains pays de la zone, pas de l’euro – et puis l’euro est monté parce que le dollar s’affaiblit.

La deuxième conclusion est que la solidarité a joué dans cette Europe qui fait l’objet de tant de critiques et de moqueries. Les grands pays, avec réticence, avec lenteur, ont soutenu les petits pays imprudents et dont la compétitivité reposait ou sur du mensonge ou sur du vent. L’intégration a même fait quelques pas en avant à la faveur de cette crise.

La troisième conclusion est moins optimiste... Le problème de fond n’est pas réglé. En Grèce, on ne voit pas comment l’économie va pouvoir faire les réductions de déficit prévues. Il fallait que l’opinion grecque se rende compte des sacrifices à faire. Mais maintenant ? Vendredi, l’Europe a décidé de rallonger l’aide. Faudra-t-il annuler une partie des dettes ? C’est probable – mais cela pèsera sur les créanciers notamment les banques européennes. Avec un risque, le domino. Est-il lourd ? La BNP vient de dire combien lui coûterait une restructuration de la dette grecque – eh bien pas si cher que cela, un milliard. Cela étant, la question clé est : si la Grèce, pourquoi pas l’Irlande, le Portugal.

En réalité, les grands pays ne voudront pas en parler tant qu’un des leurs, l’Espagne, ne sera pas en sécurité. En France aussi, la campagne présidentielle se fera avec ce couteau de la dette sous la gorge. Un an après, les grands pays sont-ils toujours solidaires des petits ? L’Allemagne encaisse les mauvaises nouvelles et décaisse l’argent ! Dans son dernier livre, Franz-Olivier Giesbert rapporte un dialogue savoureux entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. « Angela, nous deux en Europe, c’est la tête et les jambes » (sans préciser qui est qui). Réponse de la chancelière : « Non, Nicolas, tu es la tête et les jambes, moi je suis la banque ».

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