Ce matin : le débat fiscal, grand absent de cette présidentielle 2017.

C’est vrai, quand on se retourne et qu’on regarde derrière nous, vers cette folle année que l’on vient de vivre, on se dit qu’il y a eu un absent : le débat sur les impôts. En 2007, le bouclier fiscal, l’impôt sur le revenu avaient été au cœur de la campagne. En 2012, idem avec la taxe à 75% sur les très hauts revenus et la TVA sociale. Cette année, rien. Les candidats avaient bien dans leur besace des propositions, mais ils n’ont pas jugé utile de leur donner une place centrale ni d’attaquer leurs concurrents sur ce sujet. La demi-suppression de l’Impôt sur la fortune prévue par Emmanuel Macron aurait pu susciter des polémiques - même pas. Alors, pourquoi, ce désintérêt ? Parce que dans un des pays les plus imposés fiscalement et socialement (globalement) des pays développés, tous les responsables politiques ont compris que les Français sont à fleur de peau sur le sujet. Il suffit d’une étincelle pour réveiller le ras le bol fiscal. Ensuite, parce que tous les candidats se neutralisaient sur le sujet. La droite et la gauche ont augmenté les impôts, Emmanuel Macron a conseillé François Hollande en 2012 et le Front National avait assez d’autres sujets en tête.

Mais si on regarde devant nous : que propose Emmanuel Macron ?

Les impôts ne sont pas chez lui non plus la priorité puisqu’il est le premier à ne pas prévoir de collectif budgétaire cet été. Il fait passer sa réforme du droit du travail avant. Cela veut dire qu’aucune mesure de son projet n’entrera en vigueur avant 2018 - c’est inhabituel. Ce qu’il veut faire est connu : suppression de la taxe d’habitation pour quatre Français sur cinq, réforme de l’ISF, baisse de la taxation des revenus du capital et de l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Toutes ces mesures seront inscrites, sous réserve bien sûr de la majorité qui sortira des législatives, dans le budget 2018. Il y a néanmoins deux certitudes. Un : la retenue à la source devrait être reportée. Deux : la catégorie des cadres salariés du public ou du privé qui ont vu leurs impôts augmenter ces dernières années ne bénéficiera d’aucun allégement au cours du quinquennat, ce qui a rendu leur vote de dimanche quand ils ont voté Macron largement désintéressé. Félicitations.

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