**A cinq jours des élections régionales, Les Echos publient un gros audit économique des Régions. Et ce qui en ressort est qu’il y a plusieurs France…Exactement, l’analyse détaillée des économies régionales révèle une photographie avec des gros reliefs. Il y a des vraies différences entre les 26 régions, mais aussi des écarts qui s’accroissent. Quelques classements, d’abord. Le taux de chômage varie d’environ 8% en Bretagne et dans le Limousin à pas loin de 13% dans le Languedoc Roussillon et le Nord-Pas-de-Calais ; le PIB par habitant – la richesse produite – de près de 24.000 euros dans les régions les moins dynamiques, le Languedoc Roussillon encore, la Corse, à 47.000 euros en Ile de France. La région la plus exportatrice de France est l’Alsace. Au-delà des statistiques, ce qui frappe, c’est qu’il y a deux régions qui tirent économiquement la France. Si on considère que la richesse produite est en moyenne de 100 sur la France, toutes les régions sont en dessous, autour de 80 à 95, sauf Rhône-Alpes qui est à 100 aussi et l’Ile-de-France qui est à 155. Faut-il parler de Paris et du désert français ? Non, parce que pour avoir une vue précise de la vie dans les régions, il faut aller plus loin que ces chiffres bruts. Justement, quelles sont les régions gagnantes et les perdantes ces dernières années ?Les perdantes sont celles qui ont perdu leurs activités de production et leurs retraités : le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Lorraine, le quart nord-est. Elles n’ont pas profité de l’explosion de la mobilité des Français et du déplacement massif des revenus qu’elle génère. Ceux des retraités, mais aussi des touristes. L’économiste Laurent Davezies rappelle aussi que le seul tourisme génère 100 milliards d’euros de dépense par an, plus que l’automobile et l’aéronautique réunies, autant que les aides sociales. C’est colossal en termes de redistribution géographique et explique le sursaut du monde rural. Les gagnants, ce sont les régions de Rennes, Toulouse, Bordeaux, Aix-Marseille et Grenoble qui ont une économie productive et une économie résidentielle. Les Régions – cette fois au sens institutionnel – pèsent-elles ?A première vue, peu. Le PIB français, c’est 1.900 milliards d’euros, les dépenses des Régions, 28 milliards. Cela dit, c’est beaucoup de l’investissement, donc cela compte. Et surtout, ces budgets ont grimpé de 70% en cinq ans – en tenant compte de transferts de personnels par l’Etat dans les lycées. Du coup, les taux des impôts ont flambé, de 36% en cinq ans, le record de la pression fiscale étant détenu par la Haute Normandie et Midi-Pyrénées, la modération venant de Corse et d’Ile-de-France. Autre constat, les régions occupent pleinement leurs compétences désormais, transports, lycées, formation professionnelle, développement économique, mais comme elles ont tiré sur la ficelle, elles devront se calmer. Enfin, quel principal enjeu local dans la campagne ?L’emploi mais aussi et surtout les transports. Hors Paris, ce sont les TGV, symbole de modernité. Le débat a tourné autour des nouvelles lignes en Auvergne, en Normandie, en Franche-Comté, dans le Centre, en Bretagne, en Paca. Il y a plusieurs France, et de plus en plus, mais elles rêvent toujours de gagner quelques minutes pour n’en former qu’une.**

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