Tous les jours, on parle des nouvelles technologies, de nouveaux produits ou d’affaires comme le piratage des ordinateurs de Bercy annoncé lundi. Mais sait-on quel est le poids d’Internet sur l’économie française ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître, on ne le savait pas jusqu’à maintenant. Une analyse fouillée publiée ce matin permet enfin d’y voir plus clair. Le cabinet international Mc Kinsey est en effet allé fouiller dans les banques de données de l’Insee, de la Banque de France et d’ailleurs pour essayer de répondre à cette question simple : Internet est partout, mais combien de divisions économiques ? Et sa réponse est qu’il s’agit non pas de divisions, mais bien d’additions et de multiplications. En quelques années, Internet a pris une place considérable non seulement dans nos vies mais dans l’économie. Aujourd’hui, le Web représente 3,7% du PIB français. C’est plus que le secteur de l’énergie, des transports ou de l’agriculture. Pour faire ce calcul, ont été additionnés l’activité des fournisseurs d’accès, les matériels et logiciels liés à Internet, le e-commerce et la publicité en ligne. Plus frappant encore, Internet aurait contribué à un quart de la croissance l’année dernière. Un million d’emplois en dépendrait.

Que nous apprennent exactement ces données ? Il y a trente ans, un Prix Nobel américain, Robert Solow, avait inventé une formule qui a connu un succès énorme auprès de tous les étudiants en économie. “Les ordinateurs, on les voit partout, sauf dans les statistiques de la productivité”. C’était un constat, mais sauf le respect dû à un prix Nobel, il aurait mieux fait de se taire, parce que la révolution informatique a dopé la productivité des entreprises, dans la vie personnelle. Partout. Et cela va continuer, la filière Internet, selon les prévisions, “pèsera” plus de 5% du PIB dans cinq ans. On peut même penser que cette révolution de l’information commence à peine parce qu’à la différence des précédentes, elle concerne toute l’économie. Une partie de ses effets sont encore inimaginables. Quand l’électricité a été découverte, on ne savait pas qu’elle ferait fonctionner des ascenseurs et donc permettrait aux immeubles de dépasser six étages ! Avec Internet, beaucoup de choses sont encore devant nous.

Ces prévisions sur l’avenir radieux d’Internet pour l’économie sont-elles à 100% crédibles ? La première réserve est que ce travail de McKinsey a reçu le soutien de Google. On se doute qu’il n’a pas sous-évalué Internet. Seconde réserve : la filière Internet est positive pour l’économie, créé des emplois, mais elle détruit aussi certaines activités –en tous cas elle les remplace. On pense à l’activité courrier de La Poste en chute à cause des mails, aux centres d’appels au Maghreb ou à toutes les activités délocalisées en Inde ou ailleurs. C’est quand même une révolution qui laisse quelques blessés sur le côté.

Et que dit l’Insee sur tout cela ? Bonne question ! Etrange, curieux, même stupéfiant, on ne sait pas. L’Insee n’a jamais rien publié sur le poids et l’impact de la filière Internet. Sur la chaussure oui, sur l’automobile oui, sur le verre oui. Mais pas Internet. Franchement, il est temps de s’y mettre ! Après vérification, il paraît que ce sera bientôt possible parce qu’une, je cite, révision de la nomenclature des comptes nationaux arrive au printemps. Ouf !

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