Aujourd’hui, c’est peut-être le Jour J pour la reprise européenne : la Banque centrale lance son opération de rachat des dettes publiques. Quésaco ?

Oui, c’est un Jour J, parce que, effectivement, la Banque centrale européenne, la BCE, va commencer ce lundi à racheter des dettes publiques de la zone euro – elle en rachètera pour 60 milliards d’euros par mois jusqu’à l’automne 2016. Mais en fait, cette opération gigantesque arrive au moment où il y a déjà des signes de reprise qui se multiplient. En langage automobile, Mario Draghi, le patron de la BCE, ne tire pas sur le starter, il appuie sur l’accélérateur. De quoi s’agit-il ? De faire comme la Réserve fédérale, aux Etats-Unis. La BCE et les banques centrales de chaque pays de la zone euro, vont aller voir telle ou telle banque, telle ou telle compagnie d’assurance pour dire : vendez-moi les obligations, les titres d’Etat que vous avez en portefeuille. Du coup, ces banques, ces assureurs vont devoir placer leur argent ailleurs. Le but, c’est qu’ils le placent en prêtant aux entreprises et aux ménages. Pour soutenir l’activité et au bout du bout, voilà la reprise. CQFD. Alors, vous allez me poser deux questions…

Oui ! Pourquoi on ne l’a pas fait avant ? Et est-ce que cela va marcher ?

Si on ne l’a pas fait avant, c’est que les Allemands étaient contre, ils trouvent que cette manœuvre, c’est la planche à billets - c’est vrai - et ils n’aiment pas. L’Europe est lente parce qu’il faut être 19 à être d’accord, les Etats-Unis n’ont pas ce problème. Est-ce que cela va marcher ? Mario Draghi croit en tous cas en lui-même (c’est déjà çà) puisqu’il vient de revoir à la hausse sa prévision de croissance pour cette année, à 1,5% pour la zone euro. La question, c’est de savoir si le cercle vertueux va s’enclencher. Mais c’est en tous cas un très gros accélérateur. Au total, oui, la reprise est là. Maintenant, espérons que les hirondelles du printemps vont s’arrêter en France comme ailleurs. On le disait la semaine dernière, il y a des signaux contradictoires. Eh bien dans Les Echos ce matin, le patron de la Banque publique d’investissement, Nicolas Dufourcq, qui voit tout le temps des entreprises, se montre très optimiste sur la reprise. Alors, on croise les doigts et on espère !

En tous cas, la politique de la BCE a une conséquence : la baisse de l’’euro.

Il a déjà baissé de 20% en un an face au dollar. Énorme ! Et cela peut continuer. C’est très bon pour les exportations des entreprises, un peu moins pour notre plein de carburants, parce que cela va compenser en partie la baisse du prix du pétrole. Rien n’est jamais parfait !

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