La lecture des statistiques sur le Coronavirus est compliquée parce que les bons indicateurs ne sont pas ceux les plus mis en avant.

Les statistiques sont une matière première de l’économie et elles ont un rôle déterminant dans la crise sanitaire actuelle. 

On l’entend depuis quelques jours, il y a une hésitation sur la gravité du Ciovid-19 : des médecins assurent que c'est  une petite grippe dans l’immense majorité des cas, d’autres continuent de tirer la sonnette d’alarme. 

C’est aux spécialistes de trancher mais les deux approches sont compatibles et c’est la statistique qui le dit. 

Pourquoi ? En fait, la notion de croissance exponentielle est mal comprise et c’est le risque actuel. Nous raisonnons la plupart du temps avec des additions et des multiplications. Le facteur exponentiel, lui, est une multiplication qui se multiplie elle-même : dans une contagion, le nombre de malades obéit à la même règle que l’onde d’un caillou jeté dans l’eau. Elle génère des ondes concentriques. En une semaine, on est passé de 130 à 1.126 cas

On connaît çà avec les taux d’intérêt d’un emprunt : 2% par an, çà n’a l’air de rien, mais 30 ans plus tard, vous avez remboursé le double à votre banquier !

La conséquence est que, si le virus n'est pas ralenti (c'est le point essentiel), la courbe montera au plafond mais qu'il est qu'il est aussi quasiment impossible d’établir des scénarios. 

Concrètement, on le devine : puisqu’on ne teste plus tout le monde au virus aujourd'hui, le chiffre global des personnes malades n’a plus de sens. (La Corée teste systématiquement, avec des données rassurantes, l'Italie largement, la France désormais moins). 

C’est le nombre de personnes hospitalisées qui importe. Or même avec une faible mortalité, le nombre de personnes qui ont besoin d’aide respiratoire, s'il grimpe de façon exponentielle, peut monter vite dans les hôpitaux. 

Autre élément, ces jours-ci, on compare beaucoup avec la grippe : cela a peu de sens, la moitié des plus de 65 ans sont vaccinés contre la grippe, pas contre le Covid-19. A noter au passage qu’un tiers des médecins a plus de 60 ans, ils sont donc dans la catégorie des personnes plus à risque face à ce virus.  

Cela explique-t-il la réaction brutale de l’Italie ? Oui. Ils n’ont pas réussi à enrayer la courbe exponentielle dans le Nord. Rome réagit comme la Chine, par un blocus, avec des conséquences économiques qui vont être très fortes. 

La France agit différemment, en évitant de se laisser déborder dans tel ou tel endroit, sans casser l’économie qui nous fait tous vivre et en attendant un traitement. 

Bref, les arbitrages sont sanitaires, ils sont aussi entre les prises de risque et les coûts respectifs du désordre économique et de l’épidémie.

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