Il y a un an, on dissertait beaucoup sur un des effets de cette crise, la démondialisation. Les échanges de marchandises ont en réalité retrouvé en janvier leur niveau d'avant-Covid. Le virus et le climat confirment que les solutions aux défis planétaires ne peuvent être que mondiales.

A-t-on assisté à une démondialisation ?
A-t-on assisté à une démondialisation ? © Getty / Yuichiro Chino

Tous ceux qui ont disserté là-dessus, en pensant que le Covid allait marquer la fin d’une époque, celle de la mondialisation, tous ceux-là qui souvent l’espéraient, tous ceux-là se sont (on va dire) … trompés.

Car en janvier 2021, les indicateurs dont on dispose montrent que les échanges de marchandises ont retrouvé leur niveau d’avant la pandémie, comme l'indique l'OCDE dans ses prévisions publiées ce mardi matin (Figure 4B). Le commerce mondial a ralenti sa course engagée depuis les années 1990, surtout après la crise financière de 2008, mais c’est juste un ralentissement.

Cela ne veut pas dire que la globalisation, plus régionales désormais, ne change pas et qu’elle ne mutera pas. 

  • Un, l’exigence de souveraineté progresse : chaque pays aimerait bien produire ses masques, ses vaccins et ses puces électroniques. 
  • Deux, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, l’envie de circuits courts pour l’alimentation est apparue. 
  • Et trois, les outils de travail à distance vont réduire les déplacements. 

Mais voilà, les sujets auxquels l’actualité donne une simultanéité, le virus et le climat (avec un projet de loi au Parlement), montrent que les défis qu’affronte le monde aujourd’hui sont mondiaux et que les réponses ne peuvent être que mondiales. Le virus : il se moque des frontières et les recherches scientifiques, le partage des connaissances, sont mondiaux. 

Le premier vaccin autorisé est germano-américain, Israël sans Pfizer n’aurait pas vacciné aussi vite et nous disposons tous en un clic, pour la première fois, d'informations mondiales. 

Ainsi, ce matin, je peux vous dire que 312 millions de doses ont d'ores et déjà été injectées sur toute la planète. 

Sur le climat, c’est la même chose : le réchauffement vient de partout et un pays de petite taille comme la France, s’il agit seul, ne tire presque aucun bénéfice de son action. Il doit agir, mais seul c'est un coup d'épée dans l'eau. On sait ainsi que la centrale à charbon de Neurah, en Allemagne, émet par an davantage de CO2 que l’ensemble des voyages aériens en France.  

Et donc ? Virus, climat : dans les deux cas, seule la coordination internationale, scientifique, économique et politique, a du sens

Et çà, c’est une forme de globalisation qui ne disparaîtra pas. En 2005, l’Américain Thomas Friedman avait écrit un livre retentissant pour décrire la mondialisation naissante. Son titre : la terre est plate. 

Quinze ans plus tard, disons que la mondialisation et la terre sont cabossées mais aussi toujours plates.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter