Ce matin, vous quittez l’euro, la Grèce, l’Italie et le plan Fillon pour nous parler des … radars de vitesse. Expliquez-vous !

Oui, on redescend un peu mais vous allez voir, ce n’est pas si éloigné de la rigueur. Je vais signaler, sur les radars, une information et une proposition - une modeste contribution au redressement des finances publiques. L’information concerne le montant des amendes encaissées grâce aux fameux flashs. Ce montant, c’est un rapport du député Hervé Mariton discrètement mis en ligne sur le site de l’Assemblée nationale qui vient de l’indiquer, (ce montant) s’est littéralement envolé cette année. L’Etat attendait 435 millions, il devrait en encaisser 520, donc 85 millions de plus. Et il en a déjà inscrit autant (520) pour 2012. L’explication ? Simple : il y a un peu plus de radars fixes – plus de 2.000 – mais il y a surtout le déploiement des radars aux feux rouges en ville – près de 700, cinq fois plus qu’en 2009. A raison d’une amende de 135 euros, cela rapporte beaucoup !

Et est-ce que c’est efficace ?

Sur le plan de la sécurité routière, taper le portefeuille (si vous permettez l’expression) reste efficace. La vitesse moyenne sur les routes, qui était de 90 km heure il y a dix ans, est passée à 80,4 km heure en 2010. Cette année, c’est 79 km heure. Quant au nombre de décès, il stagne à 4.000 par an, mais le nombre de blessés continue de reculer. Naturellement, les automobilistes qui n’ont pas eu d’accident ne sauront jamais à quoi ils ont échappé tandis que ceux qui sont verbalisés râlent - c’est logique. Ce qui est intéressant est l’économie mise en place autour des radars. Des entreprises comme Spie (maintenance), Atos (informatique) et Safran (matériel) sont très concernées. Ensuite, financièrement, les radars rapportent en fait davantage que les chiffres que j’ai évoqués. Même si le chiffre n’est pas disponible, il faut ajouter quelques centaines de millions avec le produit des amendes majorées, non payées dans les 45 jours.

Bon, alors, que peuvent faire les radars pour la rigueur ?

C’est simple. Aujourd’hui, les recettes des radars sont peu affectées au Budget, contrairement d’ailleurs à une idée reçue qui veut que l’Etat « fait du chiffre ». L’essentiel va aux collectivités locales pour financer des transports en commun et à une agence d’infrastructures. Tout cela par des tuyauteries complexes et peu claires. Pourquoi ne pas décider, simplement, d’affecter tout le produit des radars au désendettement de l’Etat ? C’est une goutte d’eau peut-être mais chaque verbalisé saurait où va son chèque d’amende, pour la bonne cause !

Tout de même, on ne va pas griller des feux rouges pour désendetter la France !

C’est vrai. Essayons alors un raisonnement économique : quand nous conduisons, disons-nous que les amendes financent le bouclier fiscal – pour nous inciter à lever le pied. Mais pensons, quand nous sommes sanctionnés, que notre chèque désendettera l’Etat - pour ne pas faire trop la grimace !

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