Depuis quelques heures, les marchés financiers paniquent.

Donald Trump, 45e président des USA

► ECOUTEZ la matinale spéciale 6h/10h

Oui, et le premier réflexe est de se dire qu’on s’en moque, l’enjeu n’a rien à voir avec les marchés : notre sidération, comme après le Brexit, est historique. Mais ce sont des symptômes. Le signal le plus intéressant, ce n’est pas la baisse des places financières, c’est ce qui se passe sur les marchés des changes, qui parlent davantage de l’économie réelle. Eh bien, la devise mexicaine, le peso, s’effondre en raison de la remise en cause annoncée de l’accord de libre-échange entre Etats-Unis-Mexique. Si le yuan était une monnaie normale, il plongerait aussi. Le dollar devrait baisser face au yen, au franc suisse et à l’euro. La victoire de Trump aura quoi qu’il se passe un impact sur le monde entier bien bien plus important que le Brexit parce que les Etats-Unis sont tout simplement la 1ère économie mondiale.

L’incertitude va plus loin : on ne sait pas grand-chose du programme économique de Donald Trump.

On sait qu’il prévoit des baisses d’impôts gigantesques. Les plus riches seraient moins taxés, la taxation des sociétés serait divisée par plus de deux. On sait aussi qu’il veut torpiller l’accord de Paris sur le climat, il veut révoquer l’Obamacare, la réforme de l’assurance santé d’Obama. Mais l’essentiel, c’est le retour du nationalisme économique pour protéger les Etats-Unis du commerce mondial et d’abord des importations mexicaines et chinoises. Trump a évoqué des droits de douane sur les marchandises de 35 % vis-à-vis du Mexique et de 45 % sur les produits chinois. Certains se diront au fond d’eux «bien fait» en voyant dans tout çà la sanction des excès réels d’un type de mondialisation. Mais cela aura aussi des conséquences pour l’Europe, qui est le continent qui exporte le plus, le plus ouvert. Derrière la sanction des élites, l’inquiétude des classes moyennes blanches qui se voient humiliées et l’attirance pour un personnage dont le message est « je suis un dur, pas un mou », c’est l’après chute du Mur de Berlin qui se referme ce matin. La terre n’est plus plate, ni culturellement ni économiquement. Et chacun doit se demander, partout et là où il est : mais qu’a-t-on tous fait pour en arriver là ?

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.