C’est un fantasme qui va tomber ce matin, sur les faux chômeurs.

Pôle Emploi
Pôle Emploi © AFP / Philippe Huguen

Et tant mieux. Une analyse poussée de Pôle Emploi, qui a mis en place un nouveau système de contrôle de la réalité de la recherche d’emploi, montre -chiffres à l’appui- que la très grande majorité des chômeurs sont actifs dans cette recherche d’emploi. 86% des personnes contrôlées respectent leurs obligations légales, 14% ont été radiées. Il n’y a donc pas de bataillons de profiteurs du système, d’autant plus qu’une partie des personnes radiées n’étaient pas indemnisées par l’assurance-chômage. 

Comment le sait-on ? Il y a quelques années, le patron de Pôle Emploi, Jean Bassères a proposé à son conseil d’administration (où les syndicats sont présents) de mener des expérimentations dans quelques endroits. Discrètement, cela a été accepté : des analyses de dossiers ont été menées, des questionnaires envoyés, des contacts téléphoniques ont eu lieu, bref du contrôle. La généralisation a été décidé en 2015, 200 contrôleurs dont c’est le job ont vérifié la situation de 270.000 demandeurs d’emploi jusqu’en août dernier. 

Le résultat, donc ? Après enquête voire relance, il apparaît que 19% sont insuffisamment en recherche d’emploi, chiffre qui tombe à 14% si on soustrait ceux qui étaient découragé, étaient en détresse sociale, et sont remobilisés. Ces 14% ont été radiés pendant quinze jours et deux sur trois dans cette population se sont réinscrits.  

Qu’en conclure ?  

Ceux qui crient à la fraude généralisée diront que les obligations légales sont légères et que ces chiffres ne veulent rien dire. Les calculateurs diront encore que 14% ou 19% sur 5 millions d’inscrits à Pôle Emploi, cela fait quand même de 750.000 à un million de personnes. Certes. Mais en réalité, il fallait que ce travail soit fait pour que tombe le mythe du chômeur qui se tourne les pouces et refuse les emplois qui passent en attendant d’encaisser les allocations. Cela n’empêche pas une difficulté apparue au fil des ans : l’assurance-chômage est désormais vue comme un (petit) droit du tirage plus que la couverture d’un risque, et du coup, la recherche active ne démarre parfois pas immédiatement après la perte d’emploi, ce qui la rend plus délicate. Mais la conclusion principale est claire : savoir remet les idées en place.

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