Ce matin : le coup de main de Donald Trump aux automobilistes français mécontents.

Le coup de main de Trump aux automobilistes français
Le coup de main de Trump aux automobilistes français © Getty / Luke Sharrett/Bloomberg

Je pense que ce « lancement » (comme on dit) a priori surprenant a retenu l’attention et que je vais pouvoir maintenant passer aux explications même un peu techniques. 

Depuis quelques jours, le prix du pétrole recule sur les marchés internationaux de matières premières, à tel point que son cours a plongé en un mois de 17 % à Londres et 21 % à New York. 

Cette évolution va se traduire d’ici quelques jours ou semaines par une baisse des prix à la pompe, le temps que les stocks des pétroliers et des distributeurs se vident. 

Alors, pourquoi ce recul ? Et c’est là que j’en arrive à Donald Trump. 

Le président américain a décidé d’assouplir sa position sur l’Iran. L’embargo sur les exportations de pétrole iranien entré en vigueur lundi est moins draconien que prévu. Huit pays ont obtenu le droit d’acheter du brut iranien, parmi lesquels l’Inde, la Chine, mais aussi l’Italie et la Grèce. 

L’offre d’or noir étant plus élevé que prévu, le prix plie, c’est la règle numéro un en économie de marché. Donc, il est possible que le 17 novembre, jour de la mobilisation promise par les gilets jaunes, on n’en soit plus au même point et l’État fait une pression maximale sur la filière pour que cela soit le cas. 

Bon, sans promettre la lune toutefois. Les tendances lourdes sur le pétrole restent à une demande mondiale élevée et donc à un baril autour de 75-80 dollars.

Qu’est-ce que cela donne sur le prix des carburants ?

Il va baisser mais il remontera au 1er janvier, avec le relèvement des taxes prévues par le Budget, par exemple + 7 centimes sur le gazole. Et l’an prochain, la France sera en haut de l’échelle européenne alors qu’elle est dans la moyenne des grands pays aujourd’hui. 

Le paradoxe est qu’aujourd’hui, justement, cela grogne beaucoup, Emmanuel Macron est bien placé pour le savoir, mais le prix à la pompe est « seulement » de 5 à 6 centimes plus élevé qu’en 2008 et 2012 pour le litre de gazole, et il est en dessous de 6 à 8 centimes de ses records pour le sans-plomb 95. 

Et à l’époque, le chèque énergie (200 euros pour bientôt 6 millions de personnes) n’existait pas. 

Au-delà du pouvoir d’achat et du débat écologique, cela montre bien la force pris par les réseaux sociaux. C’est même peut-être la première fois qu’ils font ainsi, ces réseaux, une démonstration de forces. On verra si le 17 novembre fait le plein ou un bide. Mais, là, Trump ne sera plus là.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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