Le gouvernement avait fixé un rendez-vous au bout de deux semaines de confinement pour l'évaluer et éventuellement rouvrir des commerces : jeudi, les conditions ne seront néanmoins pas réunies pour une réouverture vendredi. Mais les 200.000 petits commerces ont besoin d'espoir.

La réouverture, c’est ce que vont demander les organisations patronales, Medef, CPME et U2P, aujourd’hui à Bruno Le Maire et Alain Griset : tout doit rouvrir -même si c’est en mode dégradé- tout doit rouvrir à l’exception des cafés-restaurants. 

Ces professionnels s’appuient sur la promesse faite par Emmanuel Macron d’un rendez-vous après deux semaines de confinement pour réexaminer les modalités du confinement – eh bien voilà c’est jeudi 12 novembre. 

Cette réouverture, vont-elles l’obtenir ? C’est très peu probable. En privé, Jean Castex rappelle qu’il faut deux conditions : des protocoles sanitaires renforcés ET une amélioration sur le front de l’épidémie. Or c’est seulement entre le 11 novembre et le week-end prochain que l’on saura si le confinement est efficace. Donc, le calendrier n’est pas le bon. 

Est-ce que cela veut dire qu’il ne se passera rien jeudi ? Ce serait compliqué, les commerçants restent très remontés, ils ont l’impression d’être les seuls à subir le confinement puisque les écoles sont ouvertes et que le télétravail théoriquement généralisé est plus ou moins respecté. Certes, les coiffeurs et esthéticiennes sont prêts à attendre le 1er décembre (ils savent qu'ils auront peu de clients en novembre). Mais pas le commerce d’habillement, les magasins spécialisés de jouets et les librairies – Noël approche ! 

Au minimum, toutes ces professions veulent des perspectives, une lueur d’espoir. Et elles ont des propositions pour rouvrir : les clients auraient à prendre des rendez-vous pour venir, il y en aurait moins dans les magasins et on parle d'un élargissement des horaires d’ouverture. Beaucoup de pistes sont sur la table. En revanche, l’idée d’imposer aux clients le téléchargement de l’appli Tousanticovid a été abandonnée. 

Les grandes surfaces sont à fond derrière ces revendications des petits commerçants, elles ont compris que les barrières type scène de crime dans leurs rayons non essentiels ne sauteront pas tant qu'ils ne rouvriront pas. Bref, leurs destins sont liés. 

Le gouvernement est sous pression ? Bien sûr. Le seul cas où il ne le sera pas : si l’épidémie ne reflue pas du tout – il y a déjà 9.000 morts depuis la deuxième vague-, dans ce cas on entendra moins parler des commerces. 

Au total, le plus probable est un nouveau rendez-vous un peu plus tard. 

Mais il y a un premier test : Matignon doit arbitrer très vite pour dire si les sapins de Noël pourront être vendus et quand parce que si on les coupe trop tard, ils ne rentreront plus dans les maisons !

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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