Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, quitte la scène européenne.

Il participera aujourd’hui à son dernier Ecofin et son dernier Euro-groupe, les réunions des ministres des finances de l’Europe et de la zone euro. Il va devenir président, à 75 ans, du Bundestag, l’Assemblée allemande. Pourquoi en parler ? Parce que c’est une page qui se tourne. Wolfgang Schäuble est une figure très forte de la scène européenne. Sa longévité en politique est incroyable, pensez qu’il a été ministre pour la 1ère fois au milieu des années 80, auprès d’Helmut Kohl, il a donc connu Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron. Il est arrivé aux Finances en 2009, il a donc travaillé avec, à Bercy, Christine Lagarde, François Baroin, Pierre Moscovici, Michel Sapin (un peu Emmanuel Macron aussi) et donc Bruno Le Maire. Cette instabilité française face à cette stabilité allemande n’est pas un atout. La prédominance de l’Allemagne en Europe s’explique par sa force économique, bien sûr, mais aussi par ce contexte politique. Ajoutons que Schäuble est extrêmement populaire dans son pays. Une anecdote : avec un confrère allemand, nous avons publié en 2016 un livre d’entretiens avec Schäuble et Sapin, ici et en Allemagne. Eh bien, l’éditeur allemand avait carrément supprimé Sapin du titre de couverture pour faire croire qu’il s’agissait d’un livre seulement avec Schäuble. Ce n’était pas le franco-allemand qui ferait vendre mais leur ministre des Finances.

Populaire en Allemagne, mais moins en France...

Oui, et Wolfgang Schäuble répond ces jours-ci aux critiques qui lui sont adressées sur l’austérité imposée à l’Europe, la Grèce et les excédents commerciaux allemands. Il l’a fait samedi au micro d’Alexandra Bensaïd dans On n’arrête pas l’éco et il continue ce matin dans une longue interview au Financial Times -France Inter, le FT, c’est chic ! On ne va pas revenir sur chacun de ces débats, il faudrait des heures, disons que son bilan est bon pour l’Allemagne, qu’il a accompagné les années difficiles de l’euro, que cet euro est encore là et solide (les anglo-saxons juraient que cela ne durerait pas), qu’il aime sincèrement le franco-allemand mais que la zone euro, avec lui, n’a pas progressé de beaucoup de iotas. Au regard de sa longévité et de sa popularité dans son pays, c’est une faute.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.