Au lendemain de la publication du nouveau rapport du GIEC, bonne nouvelle : la société civile se réveille doucement.

Les étudiants se bougent pour le climat
Les étudiants se bougent pour le climat © Getty / South_agency

En septembre, après la démission de Nicolas Hulot, il y avait eu des marches pour le climat, lancées par un inconnu. À Paris et ailleurs, elles avaient rencontré un succès qui avait étonné. 

Eh bien, depuis quelques jours, une pétition circule sur les réseaux sociaux, un Manifeste étudiant pour un réveil écologique. Ce sont des étudiants de Polytechnique, HEC, des Ecoles normales supérieures, de l’Agro et d’autres grandes écoles qui en ont pris l’initiative, et ils sont rejoints par des étudiants en université. 360 étudiants de l’X ont signé, 130 d’HEC, au total il y a 5.500 signatures – et les initiateurs n’ont pas gonflé leurs chiffres en passant par la plate-forme passe-partout change.org. 

Quel est l’intérêt de cette idée qui n’a pas semble-t-il pas de racines politiques - de fait on subodore que la ligne idéologique n’est pas la même rue d’Ulm et à HEC ? L’intérêt est que des jeunes qui sont appelés dans les décennies qui viennent à exercer des responsabilités de premier plan dans le secteur public et privé appellent à une révolution économique et écologique. Mais surtout qu’ils sont prêts, disent-ils, à (je les cite) sortir de leur zone de confort et changer de mode de vie. Pour moins consommer. Pour ralentir. 

Ils affirment même qu’ils choisiront leurs employeurs en fonction des critères économiques et écologiques. Cela va bien au-delà de changer son comportement individuel en circulant à vélo ou en mettant en veille leurs ordinateurs.

C’est donc significatif ?

Ce n’est pas significatif si on raisonne froidement. Ce ne sont pas eux qui décideront d’investir (ou pas) les 2.400 milliards de dollars nécessaires chaque année selon le GIEC pour limiter le réchauffement. Ça c’est maintenant. Mais c’est significatif parce que c’est générationnel. Ce sont eux qui vivront en 2050 les conséquences du réchauffement. C’est significatif parce que l’on voit bien que sur ce sujet ce sont la société civile et les villes qui sont les plus moteurs. Les villes reviennent au cœur d’un changement civilisationnel, comme au Moyen-Age ! 

Mais ce ne sera vraiment significatif que si les étudiants, qui voyagent et étudient partout, convertissent leurs homologues américains, brésiliens, philippins et surtout chinois. Là alors cette pétition aura un poids planétaire  ! 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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