Ce matin, Les Echos publient une interview de François Baroin, le ministre du Budget, qui révèle un certain nombre d’arbitrages sur le Budget 2011.

La bataille sur les retraites fait oublier que l’exercice le plus important de la rentrée, pour un gouvernement, c’est la préparation du Budget de l’année suivante ! Il s’agit des dépenses d’éducation, de sécurité, d’aide à l’emploi etc., mais aussi de la politique fiscale. Qu’annonce François Baroin ? Il confirme d’abord que le déficit public, qui atteint 8% du PIB cette année, sera ramené à 6% du PIB l’an prochain. Il annonce que, pour atteindre cet objectif, le déficit de l’Etat - 152 milliards d’euros cette année, chiffre hallucinant ! – passera sous les 100 milliards. Surtout, il donne des détails sur la remise en cause des niches fiscales, qui rapportera 10 milliards. Des économies seront bien faites, comme prévu, sur les allégements de cotisations des entreprises, sur les assureurs et les mutuelles.

Mais quoi de neuf pour les réductions d’impôt des particuliers ?

Des exemples : les aides fiscales vertes vont être revues à la baisse, pour l’installation de panneaux photovoltaïques ou pour l’achat de chaudières ou les dépenses d’isolation. Le taux de TVA sur les box Internet, qui permettent d’avoir Internet, le téléphone et la télévision (le triple play), va passer intégralement de 5,5% à 19,6%. Pour le reste, un coup de "rabot" va être passé sur une vingtaine de réductions d’impôt (500 millions). Toutes les niches sont-elles concernées ? Non. Pas celle sur les dons aux œuvres ni sur les emplois familiaux ou les taux de TVA réduits du bâtiment. Les avantages fiscaux des DOM seront préservés. Enfin, François Baroin annonce une décision dans un autre domaine : la suppression de la cellule fiscale rattachée au cabinet du ministre de Bercy qui traite les dossiers fiscaux individuels. On en a beaucoup parlé dans l’affaire Bettencourt. Voilà pour les décisions. Quelle analyse peut-on en faire ? L’intéressant, c’est l’évolution du ton. Le Gouvernement est persuadé que la conjoncture économique va mieux, et que du coup les impôts et les cotisations sociales rentrent mieux – des chiffres publiés ce matin vont le confirmer. Et que du coup, la pression sur des hausses d’impôt, sur des mesures sociales douloureuses, devient moins forte au-delà des mesures ponctuelles que j’ai évoquées. Pas de hausse du forfait hospitalier en vue. Pas d’autre mauvaise nouvelle générale. Le mot d’ordre devient : "pas question d’entraver la reprise". L’idée politique qui est derrière est de ne pas grossir les rangs des manifestants. Mais la question posée est de savoir s’il s’agit d’un tournant vers moins de rigueur.

Deux autres éléments dans l’actualité. Un chiffre, d’abord ?

Je ne résiste pas à l’envie de le donner dans le débat sur les retraites. Il est venu de Berlin : entre 2002 et 2008, l’âge moyen de départ effectif en retraite des Allemands est passé de 62 à 63 ans. Sans commentaire. L’autre information, c’est la nouvelle formule des Echos . Un peu de pub ! Le premier quotidien économique français inaugure une formule, plus aérée, mieux illustrée, traitant plus largement les enjeux économiques et politiques tout en restant sur l’actualité des entreprises. Le site Web est refondu et, comme le Wall Street Journal aux Etats-Unis, l’Ipad des Echos , qui démarre très bien, propose un journal permanent avec quatre éditions par jour.

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