François Hollande et le gouvernement ont raté leur rentrée politique ; mais question ce matin : peuvent-ils encore se rattraper sur la rentrée économique ?

C’est vrai qu’ils vont passer à partir de maintenant à la rentrée économique, avec un ensemble de « gros morceaux » qui vont se suivre dans les jours qui viennent. Aujourd’hui, le patronat et les syndicats se retrouvent pour fixer l’agenda social des négociations – et il y aura la question des seuils sociaux qui vient d’être évoquée dans le zoom de la rédaction. Le 15, il y aura des Assises de l’investissement. Puis un rendez-vous sur l’apprentissage le 19. Et enfin la présentation des deux Budget début octobre – le Budget de l’Etat puis de la Sécurité sociale. Budgets qui « pèsent » à eux deux 1.000 milliards d’euros. En réalité , contrairement à ce que l’on entend beaucoup dire ces jours-ci, après la démission d’Arnaud Montebourg, le changement de gouvernement, le livre de Valérie Trierweiler, l’affaire Thévenoud et les piques de Martine Aubry, (en réalité) le ciel économique pourrait être un peu plus clair que le ciel politique. La première raison est que, du côté fiscal, il n’y a plus, à l’inverse des années passées, de tour de vis phénoménal à attendre. Les avis d’imposition ont été reçus, ils ont été douloureux pour certains ménages, mais l’an prochain cela ne montera a priori plus. Les mesures du Pacte de responsabilité ont été de leur côté votées, c’est fait. La seconde raison est que le climat a changé sur les déficits publics. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, comme la patronne du FMI, Christine Lagarde, donnent la priorité aux réformes structurelles et à la lutte contre la déflation sur le rétablissement des comptes. La France espère pouvoir continuer à jouer les mauvais élèves sans être sanctionnée. Les autres pays qui ont fait de gros efforts grincent des dents mais ils se sont « faits avoir ». La troisième raison est que le gouvernement n’a pas mis à son programme de nouvelle réforme économique importante (hélas). Cela lui garantit un certain calme.

Et puis, la conjoncture pourrait s’améliorer un peu – enfin !

D’abord, le prix du pétrole. Alors que les tensions géopolitiques auraient dû le faire flamber, il baisse ! Il est passé hier sous les 100 dollars le baril, son plus bas niveau depuis plus d’un an. Grâce à une demande mondiale plus faible et aux gaz de schiste américain. Ensuite, l’euro. Il a nettement reculé face au dollar ces dernières semaines, ce qui est bon pour nos exportations – même si cela renchérit nos importations. Enfin la politique très pragmatique de la BCE va dans le bon sens. Au total, le pire est-il passé ? On ne le jurera pas. Mais si le gouvernement est dans la mélasse politique, il a peut-être un petit répit jusqu’aux prochains résultats économiques, mensuels avec le chômage ou trimestriels avec la croissance.

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Le blog de Dominique Seux

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