Agnès Buzyn présente aujourd’hui son plan. La difficulté concerne aussi bien l'amont (augmentation de la demande de soins, offre insuffisante chez les médecins libéraux, organisation du système d'appels) que l'aval (manque de lits dans les hôpitaux).

Agnès Buzyn va présenter aujourd’hui son plan pour les urgences.
Agnès Buzyn va présenter aujourd’hui son plan pour les urgences. © AFP / Loic Venance

Le gouvernement ne peut pas attendre, la ministre de la Santé va faire ses annonces avant même la remise du rapport demandé à des spécialistes. A priori, elle ne va pas mégoter, avec une enveloppe de plusieurs centaines de millions d’euros sur trois ans. 

Mais il s’agirait pour partie ou beaucoup d’une redistribution de l’enveloppe affectée à l’hôpital en général. Cette crise récurrente des urgences pose en réalité deux questions. 

Un : la France dépense-t-elle assez pour la santé ? Mercredi dernier, Eurostat, l’organisme statistique européen, a publié un tableau comparatif des dépenses de santé. La France arrive numéro un sur 28, avec 11,5% du produit intérieur brut qui lui sont consacrés, devant l’Allemagne et la Suède. La moyenne européenne est juste en dessous de 10%. Les Etats-Unis et la Suisse sont au-dessus, mais ce niveau français a pour conséquences un bon niveau global de soins. 

Seconde question : l’organisation des soins est-elle satisfaisante ? Non. Il y a vingt ans, il y a eu l’idée saugrenue de freiner la dépense par le rationnement de la médecine de première ligne, avec des généralistes trop peu nombreux et trop peu payés (les dentistes et les radiologues ont des revenus nettement supérieurs) alors que les médecins ne veulent plus vivre comme des médecins-moines -comme des fous- et c'est normal. Les urgences (21 millions de visites en 2018) sont alors devenues une seconde première ligne, pour d'autres raisons aussi : tous les examens y sont disponibles sur place et vite, ce qui nous aide, quand il n‘y a pas de risque vital ou grave, à gérer nos angoisses, nos ressentis, nos symptômes et notre attente sociétale de tout tout de suite. 

La ministre va devoir trancher du très concret aussi. Sur les numéros d’urgence. Existent aujourd’hui le 15 (Samu), le 17 (police), le 18 (pompiers), le 112 et même le 116117. Derrière, il y a des conflits entre les Samu et les pompiers sur la meilleure et rapide prise en charge. Le dévouement est immense, mais le cafouillage ne l’est pas moins parfois. Agnès Buzyn dira s’il faut passer à un numéro unique, le 112, ou mettre en place des plates-formes téléphoniques communes qui regroupent tous les professionnels. Cela a l’air technique, c’est effectivement très concret quand tout se joue à quelques minutes.

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