Les capitales travaillent en coulisses sur une série de nominations prévues pour les prochains mois : OMC, OCDE, BERD, etc. Les Chinois sont en embuscade.

Ces jours-ci, dans les coulisses, les dirigeants de la planète discutent de la répartition de plusieurs postes – il y a une conjonction rare de fauteuils qui se libèrent. 

Cela a l’air secondaire à côté du virus, mais c’est de l’influence et du prestige. 

Quelles grandes manœuvres ? La première nomination concerne la tête de l’Organisation mondiale du commerce : là les choses sont à peu près calées. Après un Anglo-saxon, un Asiatique, un Européen (c’était le français Pascal Lamy) puis un Latino-Américain, ce serait le tour d’une Africaine, la nigériane Ngozi Okonjo Iweala. Elle tient la corde pour être choisie en octobre. 

En octobre aussi, les candidatures vont être déposées pour diriger l’OCDE, l’organisation économique des pays développés qui est à Paris, et qui défend désormais une mondialisation régulée - contre les paradis fiscaux par exemple. 

La surprise, c’est que les Américains ont un candidat, un proche de Donald Trump

– les mauvaises langues disent que c’est pour bloquer la taxation des géants du numérique. Les Européens doivent donc d’urgence trouver leur candidat -ils en parleront samedi à Berlin entre ministres des finances.

Ce ne sera pas un ou une française, parce qu’une française, Laurence Boone, est cheffe économiste de l’OCDE. 

Et surtout parce que les Français lorgnent un autre poste, celui de la Banque européenne de de reconstruction et de développement (la BERD), qui a aidé les pays de l’Est après 1989, mais qui a un rôle plus large.

Paris défend (avec optimisme) la candidature d’Odile Renaud-Basso, la directrice du Trésor à Bercy, mais il y a aussi un Italien. Voilà le mercato. Mais j’y reviens : c’est vraiment important ? En théorie, peu importe qu’une Française dirige la Banque centrale européenne et une Allemande la commission européenne. En pratique, c’est important, il y a des réseaux et des proximités intellectuelles. 

Les Chinois le savent, eux qui ont discrètement pris le contrôle, ces dernières années, de plusieurs organisations : les agences onusiennes pour l’alimentation (la FAO), pour l’avion civile (l’OACI), pour les télécommunications (l’UIT). C’est encore grâce à eux qu’un Ethiopien dirige l’OMS (la Santé) qui s’est montrée peu intrusive vis-à-vis de Pékin sur le Covid19. 

Au total, ils tissent une toile bien plus avancée que les routes de la Soie.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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