Avec Arnaud Le Gal

Le sujet éco du jour… c’est la croissance française, qui ne confirme pas vraiment ses promesses du premier trimestre.

C’est le rendez-vous macroéconomique de cette semaine : la publication des chiffres de la croissance pour le deuxième trimestre, qui seront annoncés vendredi. Mais sans même attendre cette publication, nous pouvons vous confirmer que ce deuxième trimestre sera moins positif que les trois premiers mois de l’année où la croissance avait été de 0,6 %. L’Insee lui-même avait prévenu dès sa note de conjoncture de juin que les facteurs qui avaient dynamisé l’activité en début d’année s’estompaient. L’institut ne tablait plus que sur une hausse du PIB de 0.3 % entre mars et juin. Pas mieux, annoncent les experts que nous avons sollicités, l’un d’entre eux table même plutôt sur 0.2 %. Cela nous maintiendrait sur un rythme de croissance plus élevé que la moyenne enregistrée depuis le printemps 2011 et une prévision de 1.2 % pour tout 2015. Mais après l’hirondelle du 0.6% qui n’a donc pas fait le printemps, ce retour au réel est un peu sec.

En somme, la France n’arrive toujours pas à tenir un rythme de croissance gage d’une vraie reprise ?

Exactement, cela confirme que la reprise manque encore de dynamisme chez nous. A vrai dire, cette croissance heurtée n’est pas vraiment une surprise. Car les bons chiffres du premier trimestre avaient en fait dès le départ un air de parenthèse enchantée. Ils étaient en effet portés par des éléments particuliers; notamment les dépenses en énergie .

Pour le deuxième trimestre en revanche, il est apparu très tôt que les dépenses de consommation des ménages se tassaient, tandis que la production industrielle, elle, reculait, de 0.7 %. Toute la question est de savoir désormais s’il s’agit d’un coup de mou provisoire ou d’une sous-performance plus durable, d’une incapacité pour l’instant de la France à redémarrer comme le font d’autres pays européens. Une hypothèse que viennent nourrir des indicateurs comme le moral des chefs d’entreprise, qui reste moins bons que chez nos voisins italiens ou espagnols, par exemple.

Mais que manque-t-il alors pour que cette croissance prenne enfin de la vitesse ?

Les facteurs clés sont bien connus : une consommation plus dynamique, une production industrielle qui cesse de décevoir… Pour cela, il faut certes un contexte favorable. Là, malgré les soubresauts du monde, l’alignement des planètes cher au gouvernement – euro faible, taux bas, pétrole bon marché - reste d’actualité. Il faut aussi de la confiance. Mais là, le bât blesse. Pour les entreprises, le CICE ou les baisses des charges du pacte de responsabilité vont dans le bon sens. Il leur manque encore de la constance : pour l’économiste Patrick Artus « une garantie de stabilité des règles, des politiques économiques, et la poursuite de la baisse de la pression fiscale sur les entreprises ». Sans cela, pas de dynamique vertueuse pour l’investissement des entreprises. Or il est bien là, le vrai moteur de la reprise.

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