Emmanuel Macron part en vacances. Mais on sait déjà que sa rentrée sera placée sous le signe de l’Europe.

Avec une tournée du président dans plusieurs grandes capitales et un sommet des 4 principales puissances européennes fin aout… Que peut-on en attendre ?

Présenté en juin par The Economist comme le possible « sauveur de l’Europe », Emmanuel Macron veut continuer à imposer son leadership. Mais de toutes les réformes auxquelles il songe, l’une des plus décisives et délicates pour l’avenir de l’Europe est sans doute la réforme de la zone euro. Pour ne pas gêner Angela Merkel, le sujet a été laissé en suspens jusqu’aux élections législatives allemandes de la fin septembre mais en coulisses, les négociations ont déjà commencé.

Que propose Emmanuel Macron ?

Ce qu’il veut c’est que la monnaie unique se traduise par une convergence réelle des économies. Qu’il y ait un rapprochement des niveaux de vie et de richesse des pays de la zone euro. Et pas une divergence entre les pays du nord et les pays du sud comme cela s’est produit pendant toutes ces années de crise .Pour y arriver, il propose de doter la zone euro d’un budget qui permettrait de corriger les effets pervers d’une politique monétaire unique. Pour gérer ce budget, un ministre des finances de la zone Euro, et un Parlement pour contrôler l’usage de ces fonds.

Est-ce que l’Allemagne partage ces objectifs ?

Jusqu’ici l’Allemagne a traîné des pieds. Avec François Hollande, Angela Merkel avait fermé la porte à tout débat sur ce sujet. Bon c’était en grande partie à cause du manque de sérieux budgétaire de la France. Mais même avec un Emmanuel Macron à la fois plus discipliné et plus réformateur, les discussions s’annoncent compliquées.

Pourquoi ?

Parce qu’avec l’Allemagne les mots et les concepts ne recouvrent pas la même réalité. Quand la France parle de budget, l’Allemagne entend solidarité financière sans contrepartie vis à vis des pays du sud. Et elle se voit prisonnière d’une Europe des transferts qu’elle abhorre

Quant à l’éventuel ministre des finances de la zone euro, les Allemands le voient comme un gendarme dont la mission sera de faire respecter les règles du traité sur la discipline budgétaire et la baisse de l’endettement. Bref On risque de retrouver exactement les mêmes lignes de fractures qu’au moment des négociations du traité de Maastricht il y a presque déjà 30 ans. D’un côté, derrière l’Allemagne les partisans d’une discipline budgétaire, du respect des règles et du chacun pour soi, et de l’autre une vision plus politique et plus dynamique de la zone euro, portée par la France.

Pour autant, les chances d’un compromis existent. La crise financière est passée par là qui a révélé les faiblesses de la zone Euro. Et la montée de l’euroscepticisme notamment en France inquiètent beaucoup outre Rhin. C’est pourquoi on veut croire à l’Elysée que la chancelière se montrera plus ouverte à l’idée de ce gouvernement économique auquel la France tient tant.

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