Vous revenez ce matin sur une annonce qui a été faite hier : l’usage des téléphones portables sera désormais interdit en conseil des ministres. Dites-nous pourquoi !

Ce n’est pas si éloigné de nos habituels sujets économiques, cela concerne tous ceux qui ont vu ces dernières années leur vie de bureau, leurs réunions, dans les entreprises, dans les administrations, dévorés, chamboulés, par l’usage des smart-phones et l’irruption des nouvelles technologies. François Hollande a donc décidé que les ministres devront dorénavant déposer leur téléphone portable à l’entrée du conseil. Cela fait penser - avec le respect dû aux institutions de la République - aux jeunes enfants que l’on prive de portable pendant les repas ou le soir à partir de 21 heures. Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a donné l’explication que l’on comprend tous : « Chacun devra écouter et discuter ce qui se dit et ne pourra plus pianoter ». Et on imagine les ministres prêtant une oreille très distraite aux analyses sur la conjoncture économique des ministres de Bercy ou baillant à l’état d’avancement de la montée en charge des emplois aidés.

C’est intéressant que ce soit au cœur du pouvoir qu’une telle décision soit prise ?

Vous voulez dire : au cœur du cœur du pouvoir ! Oui, c’est symbolique. L’irruption des smartphones, à l’Elysée comme dans toute réunion n’importe où, pose deux problèmes. Un problème de confidentialité. Il nous est arrivé de recevoir des SMS de ministres commentant le conseil des ministres de l’intérieur pendant qu’il a lieu ! Dans l’entreprise, cela peut arriver aussi. Problème, surtout, de concentration. Difficile d’effectuer un travail collectif et efficace quand chacun est ailleurs, consulte ses e-mails, rédige des SMS ou surfe sur des sites. Au-delà, cette addiction pousse peut-être à être toujours dans la gestion du court terme, la réactivité immédiate. Un problème pour des responsables politiques comme pour tout un chacun mais un problème très récent : il s’est vendu 20 millions de smartphones l’an dernier en France.

Cette décision de l’Elysée peut-elle faire des émules ?

Est-ce le signe d’une envie qui émerge de régulation ? On verra, mais des entreprises y réfléchissent. Après l’enthousiasme du début, il y a une prise de conscience que les formidables moyens de communications modernes ont aussi quelques inconvénients. Une étude Mc Kinsey montrait il y a quelques mois qu’une personne dans un bureau passe 28% de son temps à lire, écrire, trier ses dizaines ou centaines d’emails quotidiens. La question est de savoir si nous sommes capables désormais de ne plus faire deux choses à la fois !

Pour finir avec un tout autre sujet une information vous fait aussi réagir : le passage du plus proche collaborateur de François Hollande à la tête de la Caisse des dépôts.

Pierre-René Lemas, secrétaire général de l’Elysée, a été proposé pour cinq ans à la tête de la Caisse, qui gère notamment l’argent du Livret A. Normalement, c’est une institution éloignée de la politique. Imaginez un instant le tollé si Sarkozy avait nommé son plus proche collaborateur à ce poste. En fait, la rumeur avait couru, mais cela ne s’était pas fait, les socialistes jugeant cette hypothèse scandaleuse !

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