Avec son plan à 100 milliards, Bercy choisit de faire porter tout le coût de la crise à l'Etat. Le confinement total devient risqué. Mais un confinement intelligent est possible : il faut juste répondre à des questions ultra-pratiques.

Ce plan, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin le dévoilent dans Les Echos. L’enveloppe pour amortir le choc du confinement sanitaire passe de 45 milliards le 17 mars à 100 milliards aujourd’hui. Tout augmente : le coût du chômage partiel, des reports de charge sociales et fiscales, des aides aux indépendants et 20 milliards sont prévus pour assister des grands groupes en péril. 

Voilà pour le contenu.  Comment décrypter ce plan ? Deux points sont à retenir. 

- Un : le gouvernement est pessimiste, et il veut que cela se sache. Il a l’impression que trop de Français ne mesurent pas l’ampleur de la récession qui arrive, avec des secteurs qui vont vraiment souffrir -tourisme, automobile, commerce. C’est un peu bizarre, les deux ministres ne disent pas : on va s’en sortir ; ils disent seulement : çà va être long et dur. 

- Deux : l’Etat choisit de prendre à sa charge, sur sa seule tête, les dégâts de cette crise. Le déficit public sera le plus important depuis 1945. Il aurait pu faire un autre choix : répartir la charge avec les entreprises et les ménages. C’est un choix très français, mais qui ne fonctionne que si l’arrêt économique est court. 

En réalité, tous les calculs de ce plan s’appuient sur un confinement global de six semaines, jusqu’à fin avril. Mais dans la mesure où ce sera peut-être plus long et que c’est à Emmanuel Macron d’annoncer les décisions, pour cette raison Bruno Le Maire ne dit pas quand l’économie reviendra à la normale.

A quand ce retour à la normale ?

Vraiment à la normale ? Si un traitement n’est pas trouvé : pas avant l’automne. 

Mais en réalité, la question se pose et devrait désormais se poser autrement. Si on continue un confinement total, c’est un véritable hara-kiri économique qui se dessine. L’enjeu est du coup maintenant d’inventer un confinement intelligent. 

Avec des questions ultra-concrètes : faudra-t-il deux mètres entre chaque table de restaurant, chaque siège d’avion ou dans les transports ? Faudra-t-il une circulation à sens unique dans chaque allée de supermarché ? Le port du masque sera-t-il obligatoire, quand et où ? 

Pour repartir, ces questions-là sont aussi importantes que les boucliers en milliards d’euros.

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