Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron présente (donc) tout à l’heure officiellement son projet de loi sur l’activité et la croissance.

Les trois mots qui comptent ce matin, vous allez voir, ce sont les mots Macron, déclic et choc . Le premier enjeu du projet de loi présenté ce matin par le ministre de Bercy mais aussi par Manuel Valls qui l’assume à 100%, (cet enjeu) c’est de savoir si ce texte va provoquer le déclic qui va décoincer les acteurs économiques. Qui va leur faire voir la vie un peu moins en noir et un peu plus en rose. Car que se passe-t-il dans l’économie ? Quatre facteurs jouent, depuis peu, dans le bon sens : le prix du pétrole a baissé de 30% depuis l’été, l’euro est moins cher aussi, les taux d’intérêt sont incroyablement bas et le coût du travail commence à diminuer avec les mesures du gouvernement.

Avec tout cela, effectivement, l’activité devrait repartir…

Oui et ce n’est pas le cas. Pour l’instant, on ne voit rien. Pourquoi ? Il n’y a pas le « déclic » nécessaire. François Hollande en a conscience, il s’en plaint auprès de ses visiteurs. Le moral reste bas, les entreprises et les ménages ne croient par exemple pas à la pause fiscale. Et donc voilà l’objectif du texte Macron, c’est cela : provoquer le déclic. Montrer que les choses bougent en France, qu’on peut bousculer un peu des situations, que l’on peut réformer.

Est-ce que ce projet peut provoquer ce déclic ?

Ecoutez, l’emballage du paquet est bon. Travail du dimanche, professions réglementées comme les notaires et les avocats, prud’hommes, règles de licenciement, autoroutes, autocars : le gouvernement avance un argument fort, l’ouverture, c’est un moyen de redistribuer les chances, notamment aux plus jeunes. L’effet économique à court terme sera bien sûr limité, c’est un pari sur le long terme, mais à court terme, l’effet psychologique peut marcher.

Mais il y a une condition, et elle n’est tout à fait remplie…

Oui, et cette condition, c’est qu’il faudrait pour que le déclic ait lieu, une mesure choc à retenir. Une disposition dont tout le monde se dirait : oui, quelque chose a changé. A-t-on cette mesure phare ? Pas vraiment. Dans le rapport Attali, la mesure-phare concernait les taxis. Même si Sarkozy n’a rien fait là-dessus, on s’en souvient encore. Aujourd’hui, le problème, c’est le risque d’un déclic négatif si l’opinion ne retient que la polémique ridicule sur le nombre d’ouverture du dimanche autorisés : 5, 12, 7 pour couper la poire en deux. Pourquoi pas 6,3 ?! Il manque la mesure choc.

Et pour le reste des réformes ?

L’Elysée assure que c’est la dernière grande loi économique du quinquennat. Mais il restera des réformes à faire. Juste une idée folle : mettons dans une pièce le gouvernement, le patronat et les syndicats, fermons les portes, avec interdiction de sortir tant qu’ils n’ont pas trouvé d’accord sur quelques points clés !

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