Ce matin, vous saluez une réforme annoncée par le ministère de l’Éducation nationale pour faciliter l’orientation des bacheliers.

Je vais parler d’une réforme qui concerne 800 000 bacheliers par an. Mardi dernier,Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon , en charge de l’enseignement supérieur, ont détaillé des évolutions de ce que l’on appelle le systèmeAPB - Admissions Post-Bac , que connaissent tous les enseignants et les parents d’élèves.APB , c’est le système de vœu par Internet pour l’inscription dans les filières du supérieur en janvier-février. Alors, le ministère a annoncé une amélioration des mécanismes pour éviter que des lycéens se retrouvent sur le carreau sans proposition –ça on en a parlé. Mais il a aussi décidé (et on en a moins parlé) que dès qu’un lycéen choisira une filière, une discipline, il recevra automatiquement des informations sur les débouchés professionnels, les taux de réussite en fin de première année et de cycle, les salaires médians etc. C’est nouveau : jusqu’à maintenant les informations étaient plus globales, il fallait les décortiquer soi-même (ou les parents) et elles ne concernaient, par exemple, que les résultats en fin de licence et pas dès la première année. C’est une initiative à laquelle tient Thierry Mandon et il a mille fois raison.

Pourquoi ?

Cela donne des informations indispensables, presque individualisées, qui peuvent éviter de s’engouffrer dans des directions où les chances de trouver un emploi sont faibles. Et de s’engager dans des études où la sélection va être très difficile si on n’a pas un profil de champion. C’est le numérique qui permet cela, mais aussi la décision de tout mettre, enfin, sur la table. Exemple : pour un bachelier général, le taux de réussite au bout d’un an en Économie-Gestion est de 48%, mais de 10% seulement pour les Bac Pro. Un étudiant qui s’engage dans la filière Lettres a 86% de chance d’avoir un emploi trente mois après la fin de master, mais ce sera un emploi stable dans juste un cas sur deux. Vous aurez les données pour la psycho, le droit, la biologie, les DUT, les licences, etc.

Cela peut-il changer la donne sur l'emploi ?

On ne va pas ouvrir ici le débat sur la sélection mais, avec cette réforme, chaque jeune choisira déjà en connaissance de cause. Et oui, cela peut avoir un impact sur l'emploi et cela a bien sûr un rapport avec la situation sociale générale actuelle.

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