Philippe Martinez explique désormais que la France a le meilleur système de retraite au monde ... après avoir combattu toutes ses évolutions depuis 30 ans. Il faudrait savoir !

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT © Maxppp / IP3 PRESS/MAXPPP

Une formule que le secrétaire général de la CGT utilise souvent en ce moment, y compris dans une interview au JDD dimanche, cette formule je la cite : "la France a le meilleur système de retraites au monde". Ce qui est pour le moins étonnant est que la CGT s’est battue contre chacune des réformes faites depuis 30 ans, 1993, 2003, 2008, 2010 et 2013, en expliquant à chaque fois que c’était de la casse sociale et qu’elle allait mettre le modèle social sur le flanc. 

À partir de là, de deux choses l’une : ou la casse sociale a cassé les retraites et elles ne peuvent pas être les meilleures du monde ; ou c’est un aveu incroyable : malgré les réformes, ce n’est pas si mal que cela ! Il faut choisir. Alors, il y a bien une troisième hypothèse, défendue par la CGT : les autres systèmes, ailleurs, sont si épouvantables que par comparaison, la France s’en tire bien. Bon, stop aux fariboles.

Quelle est la situation actuelle ?

Aujourd’hui, ce sont les Français qui ont la durée de vie la plus longue du monde développé après l’activité professionnelle. C’est en France que le taux de remplacement pension/salaire est un des plus élevés. Donc, pour critiquer le projet qui est sur la table (qui peut être critiqué, c’est un autre sujet), la CGT s’oblige à une contorsion intellectuelle admirable. Bravo. 

À moins, à moins que cette stratégie très osée s’avère efficace. D’après le journal Les Échos, le gouvernement travaille sur une réforme qui s’appliquerait à partir de la génération 1975 (seuls les moins de 45 ans seraient concernés). Pour les régimes spéciaux des transports, le scénario de la génération 1985 est testé. Ces salariés très spéciaux auraient donc, eux, gagné vingt ans. 

Au passage, c'est la difficulté du gouvernement quand il étire son calendrier : il conforte l’idée que sa réforme est une punition. 

La CGT a en revanche raison sur un point...

Sur la valeur du point dans les retraites complémentaires Arrco-Agirc. Formellement, elle n’a jamais baissé. Mais ce qui compte, c’est le rendement du point, ce qu’il rapporte en vrais euros et là, il a baissé ces dernières années (avec le taux d'appel). Syndicats et patronat ont fait ce qu’ils pouvaient pour préserver l’essentiel pour que le système reste le meilleur au monde, mais sans la CGT, sur son habituel Aventin qui n’est même pas un strapontin.

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