Les marchés financiers sont entraînés depuis quelques jours dans une spirale dépressive. Est-ce grave ?

La gravité, c’est surtout que les épisodes de stress de l’économie mondiale et des marchés financiers sont de plus en plus rapprochés. La Bourse de Paris a perdu 15% depuis le 1er janvier et du coup, on entend des voix qui disent : rebelote, c’est 2008 (la crise des subprimes américains ou 2011, la crise de l’euro). En réalité, sur ce qui se passe, il y a trois regards possibles. Le premier, c’est un regard rationnel. Oui, la Bourse a plongé de 15%, mais elle a rejoint son niveau de la fin de 2014, ce n’est pas loin. Les marchés avaient monté vite trop vite, ils redescendent, on reste calme, pas d’affolement. La bourse, on en parle quand elle plonge jamais quand elle monte. Voilà la vision rationnelle.

Il y a aussi un regard exaspéré : tout ça est irrationnel.

On peut penser aussi qu'il y a une part de grand n’importe quoi dans cette sorte de panique qui saisit les marchés et qui fait que les banques, notamment européennes, subissent à ce point un véritable krach, elle ont perdu un quart de leur valeur depuis le début de l’année. Certes, certaines sont un peu faibles, en Italie ou la Deutsche Bank, mais elles ne sont pas dans la situation désastreuse d’il y a huit ans. Il y a un effet saute-mouton des marchés: les investisseurs se sont d’abord inquiétés de la Chine (il y a des raisons), puis de la baisse du pétrole (il y en a aussi), maintenant des banques. Mais à chaque fois ils noircissent la situation au-delà de la réalité. Demain ce sera la météo ou la circulation.

Et que disent les plus lucides, alors ?

Ils disent que tout cela marque la fin de la reprise mondiale qui a commencé après la crise en 2011, que l'Europe n'a vu qu'après 2013 mais que la France n'a pas vu. Ils disent que les banques sont le thermomètre de ce changement de paysage. Ils pensent surtout que l’économie est comme la géopolitique aujourd’hui ; il n’y a pas de patron, pas de coordination réelle alors qu'il y a de plus en plus d’acteurs, de pays, de forces économiques qui comptent. Et que cela créé de l’anxiété, de l’instabilité, des bulles, des spasmes et que l’image du battement d’aile d’un papillon ici ou là qui déclenche un cataclysme lointain, n’a jamais été aussi justifiée.

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