La Chine devait reprendre le travail ce matin. Dans les faits, c'est très inégal. L'impact du coronavirus sur la croissance pourrait aller jusqu'à trois points en moins sur le premier trimestre.

Vue générale de l'usine Hyundai Motor Co. à Ulsan, Corée du Sud. L'usine a fermé ses portes le 7 février en raison de la suspension de son approvisionnement en pièces provenant de Chine, suite à la crise du coronavirus.
Vue générale de l'usine Hyundai Motor Co. à Ulsan, Corée du Sud. L'usine a fermé ses portes le 7 février en raison de la suspension de son approvisionnement en pièces provenant de Chine, suite à la crise du coronavirus. © Maxppp / YONHAP

Ce lundi devait être un double tournant : avec la fin des vacances du Nouvel An lunaire, le retour des citadins dans les villes; et avec la reprise théorique du travail, huit millions de Pékinois reviennent ces jours-ci. Mais en fait, une partie du pays reste à l’arrêt.

Le second tournant est encore incertain : les chiffres de ce matin ne confirment pas vraiment que le pic a été atteint. 

Quelles conséquences pour la Chine ? 

Les économistes anticipent une chute franche de la croissance au premier trimestre. Dans les couloirs des organisations internationales, on évoque à voix basse une baisse de trois points de cette croissance. 

Si l’épidémie est enrayée, l’économie remontera ensuite, mais on sait que la Chine est différente de ce qu’elle était en 2003, à l’époque au SRAS. Elle est bien plus grosse, bien plus connectée au monde, et plus fragile. En 2019, la croissance a déjà été la plus faible depuis 1990. 

Première conclusion : les classes moyennes chinoises acceptent un régime autoritaire parce que leur niveau de vie a grimpé comme jamais aussi vite dans l’histoire humaine. La défaillance du système sanitaire peut être le gros grain de sable politique et économique. 

L’impact sur le reste du monde ? 

Renault arrêtera demain et pour quatre jours son usine en Corée, parce que des pièces indispensables pour fabriquer les véhicules Samsung ne sont plus arrivées de Chine. Des usines, Hyundai en a fermé sept, Fiat-Chrysler envisage de fermer les siennes en Europe. Pourquoi ? Les fournisseurs chinois n’ont pas chargé les porte-containers qui n’ont donc pas livré. L’étirement des chaînes de fabrication est tel dans beaucoup de secteurs qu’un hoquet de l’usine du monde enrhume le reste du monde (excusez-moi l’expression). 

Savez-vous combien il y a de pièces dans un Airbus ? Un million et demi ! Dans une voiture sophistiquée, les pièces peuvent venir de soixante-dix pays. 

Seconde conclusion : si le passé se répète, l’impact mondial restera limité, mais tout dépendra des stocks et de la durée de l'épidémie. Si le passé se répète ... Vous connaissez la formule : "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve." Ce n'est pas chinois, c'est grec, mais bon cela veut dire qu'en fait on ne sait pas encore grand chose.

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