Votre journal, Les Echos, l’a annoncé hier : en 2016, les entreprises du CAC 40 ont versé 56 milliards d’euros à leurs actionnaires.

Et on imagine le succès de ce chiffre à quelques jours de la Primaire de la Gauche. 56 milliards reversés aux actionnaires l’an dernier, c’est une somme ! 2016 n’est pas un record mais c’est quand même la 3ème meilleure année en dix ans. Alors pourquoi ? Sur les 40 entreprises qui composent l’indice, une seule a affiché des pertes, contre quatre l’année précédente. Citons aussi les entreprises championnes des dividendes. Total, 5ème pétrolier mondial. Vivendi, numéro un de la musique (Universal) et 1er média audiovisuel français. Et Sanofi, 7ème laboratoire pharmaceutique mondial, tout en ayant d’ailleurs aujourd’hui une vraie difficulté stratégique. Donc des poids très lourds de l’économie.

Mais pourquoi le chiffre est-il si élevé ?

Retournons la question : élevé par rapport à quoi ? Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises dépasse les 1.200 milliards d’euros, comme leur valorisation totale en bourse. Entre 4 et 5% sont donc reversés aux propriétaires. Certes, c’est plus que le Livret A. Mais il y a le risque de perdre son capital en Bourse. Bref, un chiffre lancé dans la nature ne veut rien dire si on ne le remet pas en perspective. Autre précision : après impôts et cotisations sociales, un actionnaire individuel ne conserve que 50% des dividendes reçus. Et moins, voire beaucoup moins si l’ISF passe par là, cela peut descendre à 25 ou 30%. C’est la raison pour laquelle leur nombre a été divisé par deux en quinze ans et que le CAC 40 appartient pour moitié à des actionnaires étrangers, fonds de pensions américains, japonais ou qataris.

Ce chiffre ne pose donc aucun problème ?

Si. Il faut regarder entreprise par entreprise la part entre bénéfices et investissements, entre le court et le long terme. Au global, c’est 50-50, donc le CAC 40 investit beaucoup. Mais la question posée à chacune, à chacun des patrons/ des administrateurs, est : préparent-ils l’avenir ? C’est là-dessus qu’ils doivent être jugés. L’autre question : pourquoi n’a-t-on pas de géant de la nouvelle économie ? C’est cela qui devrait nous inquiéter. Pour le reste, les grands groupes, leurs dirigeants et leurs salariés devraient susciter de la fierté. Mais on demande probablement l’impossible.

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