Jean-Marc Ayrault a présenté hier un plan à 12 milliards d’euros pour les investissements dits d’avenir. Question simple : un bon plan ?

A question simple, réponse simple : oui, c’est un bon plan. Il l’est sur le principe, sur les modalités et sur les verrous de sécurité mis en place pour que ce ne soit pas la gabegie. Sur le principe, on sait que la relance de l’économie par la consommation n’est pas possible ; on sait que la relance par la dépense publique est interdite, il n’y a plus d’argent ; c’est donc le levier de l’investissement intelligent qu’il faut actionner – investissement privé ou public avec le secteur privé. La preuve que cela va dans le bon sens ? C’est la seule idée de Nicolas Sarkozy que le gouvernement actuel garde ! Le plan Ayrault de 12 milliards est l’héritier du plan Sarkozy-Fillon de 35 milliards.

Mais les investissements d’avenir, c’est quoi ?

C’est difficile de vous répondre parce que, écoutez bien, 1.150 projets sont en train d’être ou vont être financés dans le cadre de la première vague. Il y a de tout, des robots, des machines qui parlent aux machines, des recherches dans le domaine de l’écologie, du bâtiment, mais aussi des aides aux universités pour se doter de grands campus.

Vous disiez que ce plan offre des garanties de sécurité ?

Oui, pour qu’on ne finance pas n’importe quoi. C’est un comité de pilotage indépendant qui sélectionne des projets par appel d’offres et qui décide. Bref, la sélection ne dépend pas de ministères qui chercheraient à récupérer l’argent perdu dans leur budget. Sur le plan financier, c’est assez vissé aussi. Il faut d’abord savoir qu’une grosse partie de l’argent mis sur la table ne l’est pas vraiment. L’enveloppe empruntée sur les marchés financiers ou tirée de la vente de petits bouts de capital d’entreprises publiques est placée et ce sont les intérêts qui sont utilisés. Ensuite, l’argent est décaissé au compte-goutte. Sur les 35 milliards d’euros du plan Sarkozy-Fillon, seuls 5 milliards ont effectivement été dépensés pour l’instant. Donc, bravo à Jean-Marc Ayrault d’avoir tenu la barre face à tous ceux qui auraient voulu piocher dans la caisse. Disons-le avec le sourire : Jean-Marc Ayrault maire de Nantes était un peu plus revendicatif, il a appelé plusieurs fois François Fillon Premier ministre pour lui demander un coup de pouce.

Le dernier verrou, c’est la personnalité qui s’occupe directement de tout ça, finalement.

Louis Gallois, le commissaire général à l’Investissement, offre toutes les garanties nécessaires. Il a été le patron de la SNCF et d’EADS, il ne cherche pas à faire carrière en faisant plaisir à untel ou untel, il peut envoyer balader les demandes farfelues ou louches. Et plus que tout, il a l’industrie dans le sang. Peut-être la Cour des comptes pondra-t-elle un jour un rapport au vitriol sur tout ça. Mais cet argent pour l’innovation est mieux utilisé que dans le tonneau des Danaïdes des dépenses de fonctionnement. Souvenez-vous : Louis Gallois a été à l’origine des 20 milliards du crédit d’impôt compétitivité en novembre, il doit gérer maintenant les 12 milliards des investissements d’avenir. Louis Gallois, cet homme qui propose et pèse 37 milliards sans que personne ne le critique vraiment et au moment où les caisses sont vides. Il est fort !

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