Ce matin, une bonne nouvelle sur le front fiscal pour les ménages et aussi sur le plan conjoncturel.

 Imprimé de déclaration de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF)
Imprimé de déclaration de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) © AFP / Damien Meyer

C’est un très gros changement de pied. Depuis plusieurs jours, le gouvernement était pris dans un pataquès fiscal. Mardi, on avait retenu des annonces d’Edouard Philippe, le Premier ministre, le report de certaines promesses fiscales du candidat Macron à cause de l’héritage budgétaire de Hollande. Alors que le bruit commençait à monter sur le tour de vis sur les taxes sur le diesel, les tabacs, les poids lourds et les retraités. Samedi, le même Premier ministre annonçait qu’il y aurait finalement 7 milliards d’euros de baisse d’impôt l’an prochain. Mais il fallait comprendre que ce seraient celles décidées par François Hollande....

Pour le dire vulgairement, cela « flottait grave » sur un sujet hautement inflammable -si on peut dire. Et concrètement, cela voulait dire que pour les ménages, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Eh bien finalement, Emmanuel Macron a décidé hier soir, avec Edouard Philippe et le ministre des Finances Bruno Le Maire, qu’une première tranche de la suppression de la taxe d’habitation aura bien lieu l’an prochain (pour 3 milliards d’euros).

La réforme de l’ISF, elle aussi, sera applicable en 2018. Pour être honnête, on avait eu la puce à l'oreille hier aux Rencontres économiques d'Aix en Provence quand Bruno Le Maire avait indiqué qu'il "irait plus vite, plus fort". Une réunion à l’Elysée calera tout cela aujourd’hui. Le message : le président tient ses promesses. Evidemment, la question est de savoir comment cela sera financé tout en restant à un déficit public de 3 %, pas plus. Réponse : par des économies supplémentaires. Le président a compris que le plus gros capital dont il dispose est la confiance, et que le dilapider peut coûter cher. Le président jupitérien est redescendu sur terre mais pour imposer sa loi !

Une bonne nouvelle aussi, donc, conjoncturelle..

Il y a une nouvelle diminution des défaillances d’entreprise, qui sont à leur plus bas niveau depuis 1997, c’est-à-dire vingt ans. La société Altarès, qui calcule cela chaque trimestre, publiera ces chiffres ce matin : les défaillances ont reculé de 8 % au deuxième trimestre, on en a compté 13.000 « seulement » (bien sûr entre guillemets). Les cyniques diront qu’il y a eu tant de fermetures d’usines depuis vingt ans qu’on a atteint un plancher et les réalistes penseront au cas GM dont on parle en ce moment. Ils ont raison. Ils ont raison, mais le recul des faillites est quand même positif.

Autre signe positif, le bond de quasiment 2 % de la production industrielle en mai. Tout cela veut dire qu’après la reprisette des derniers trimestres -qui avait à la vérité un aspect plutôt technique (la reconstitution des stocks)-, on se dirige peut-être (peut-être) vers une reprise plus solide -sans qu’il faille non plus sauter au plafond. Mais l’essentiel est là : c’est bon pour les créations d’emplois et le chômage. Bref, au total, la semaine commence mieux que la précédente n'avait fini.

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