Vous revenez sur le rapport du Conseil d’orientation des retraites, qui sera adopté ce matin.

Oui, mais sans revenir sur le diagnostic dont on parle depuis lundi : on sait que les réformes déjà faites ne suffiront pas à rétablir l’équilibre des comptes du système des retraites. Rien de neuf sous le soleil. Non, si on y revient, c’est parce que les annexes de ce document, quand on s’y plonge, fourmillent de données précises sur les causes de ces déséquilibres financiers. C’est l’envers du décor, plus positif celui-là, que l’on oublie toujours de mentionner.

Première donnée : l’espérance de vie.

Elle continue d’augmenter, on continue à vivre plus vieux -et donc à bénéficier du système de retraites. De combien ? Ceux qui ont dépassé l’âge de 60 ans vivent (en moyenne) aujourd’hui jusqu’à 87,3 ans pour les femmes, 82,7 ans pour les hommes. C’est une année et demi à deux années de plus qu’il y a seulement dix ans ! Et cette espérance de vie va continuer à grimper régulièrement. Elle sera de 90 ans, en 2026 pour les femmes et en … 2059 pour les hommes. En revanche, l’espérance de vie en bonne santé progresse moins vite.

Deuxième élément : le niveau de vie des retraités.

Ce niveau de vie reste supérieur à celui du reste de la population. De 2%. Vous me direz, comment les retraités peuvent-ils avoir un niveau de vie plus élevé que les actifs puisque les pensions sont plus faibles que les salaires ? Réponse : les retraités vivent seuls, sans enfants et ils ont remboursé leurs emprunts.

Mais quand on regarde de près ces niveaux de vie, il y a de gros écarts.

Oui, mais là, attentions aux poncifs. Vous savez qu’il y a une grosse différence entre salariés du privé et fonctionnaires : la pension des premiers est calculée à partir des 25 dernières années de salaire :la pension des seconds à partir de leur six derniers mois. C’est plus favorable ! Eh bien à l’arrivée, pour le cadre du privé et le fonctionnaire de catégorie A qui a beaucoup de primes, la pension est ... la même, autour de 57% du dernier revenu. Pour un salarié plus modeste, c’est même le privé qui l’emporte. Sachez enfin, toutefois, que la palme revient à la catégorie à laquelle appartiennent les enseignants, dont le taux de remplacement dépasse les 80%. Vous le voyez, il faut toujours regarder le détail des documents officiels, on y apprend des choses.

Pour conclure : hier matin, vous posiez la question : Manuel Valls sera-t-il audacieux ou prudent avec son plan PME. Réponse ?

Dans son plan, il y a des décisions qui redonneront confiance aux PME. Mais avec notre chômage, on doit se demander si ranger la table suffit, si ce qui est désormais nécessaire n’est pas de carrément la renverser avec plus d’audace.

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