L'UE a conclu un contrat pour 1,8 milliard de doses en 2022 et 2023, à 19,50 euros l'unité. L'Europe va les utiliser aussi comme pour en distribuer aux pays pauvres. Le vaccin AstraZeneca sort peu à peu du jeu.

Retour sur le contrat entre les laboratoires Pfizer et l'Union Européenn
Retour sur le contrat entre les laboratoires Pfizer et l'Union Européenn © Getty / Daniel Karmann/picture alliance

Samedi, l’Union européenne a annoncé un contrat de 1,8 milliard de vaccins avec Pfizer d’ici 2023. De quoi couvrir une partie de ses besoins. Certaines de ces doses l'aideront à pratiquer la diplomatie vaccinale comme le font la Chine, la Russie ou les Etats-Unis.

Ce contrat confirme que l’entreprise américaine et son partenaire allemand BioNTech sont les partenaires clés de la lutte contre le virus, même si d’autres vont être signés dans les semaines qui viennent. 

Alors, quand on entend ce chiffre, 1,8 milliard pour 2022-2023, on sursaute : il y a environ 400 millions d’Européens, chacun de nous va-t-il donc recevoir deux doses de Pfizer l’an prochain et encore deux doses l’année suivante ?

Non ! En réalité, le contrat avec l’Américain est (comme on dit) ferme et définitif pour 900 millions de doses, l’autre moitié est en option « au cas où ». Car pas question cette fois de se laisser doubler par d’autres pays. Mais, attention quand même oui, l’hypothèse, d’UNE nouvelle injection chaque année est sérieuse -même s’il est trop tôt pour le savoir. 

L’Union européenne passe une énorme commande pour une autre raison : elle n’a pas l’intention de laisser la Chine, la Russie et les Etats-Unis être les seuls à faire de la diplomatie vaccinale. Une partie importante des doses seront donnés dans le cadre du programme Covax pour les pays les plus pauvres. 

Maintenant, qu’en est-il du prix ? 

Le contrat (cela nous a été confirmé hier en off), le contrat chiffre la dose à 19 euros 50. Soit, si on calcule bien, 35 milliards d’euros au total pour toute l'Europe. A Bruxelles comme à Paris, on assume totalement ce prix, un peu plus élevé que le tarif actuel parce qu’en contrepartie sont demandées à Pfizer des choses nouvelles : s’engager sur un calendrier mensuel de livraison (et non plus trimestriel) et, surtout, une flexibilité totale pour adapter très rapidement les vaccins aux variants.

Le prix a-t-il été remonté depuis que Joe Biden a parlé de lever les brevets ? Non, il est évoqué depuis plusieurs semaines. 

Est-ce cher ? Oui, il est plus cher que d’autres, mais c’est lui qui nous sauve et il est de toutes façons moins cher qu’un seul test PCR et que la logistique vaccinale.  

Un contrat Pfizer, mais pas de contrat AstraZeneca ? 

Thierry Breton, le commissaire en charge, a laissé entendre hier, sur notre antenne, que non. L’entreprise a arrêté ses essais sur les enfants et il y a des interrogations sur sa résistance face au variant sud-africain. 

Pour être franc, la stratégie française sur ce vaccin AstraZeneca est aussi claire qu’une nuit sans lune : samedi, Jean Castex a imploré les Français de l’utiliser, mais hier Emmanuel Macron a glissé devant les télévisions qu’il est moins efficace que les vaccins à ARN face aux variants.

A l’inverse d’autres pays européens, des millions de doses AstraZeneca dorment sur les étagères ; quand on entend les deux têtes de l’exécutif se contredire ainsi, on comprend pourquoi.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter