**Ce matin, vous voulez pousser un petit « coup de gueule » qui concerne le champion du nucléaire Areva.Oui, ou plus exactement qui concerne l’incertitude dans laquelle est plongée cette entreprise depuis plusieurs mois. Areva est le numéro un mondial du nucléaire, une énergie qui connaît actuellement une seconde jeunesse. L’entreprise a un carnet de commandes deux fois plus important qu’il y a cinq ans. La patronne d’Areva est Anne Lauvergeon. Or, il ne se passe pas un jour sans que des rumeurs, des confidences, des indiscrétions, évoquent son départ, son limogeage par l’Etat, en l’occurrence Nicolas Sarkozy. Lundi soir, le site Internet MediaPart annonçait encore que la décision avait été prise quelques heures plus tôt et qu’elle serait rendue publique avant vendredi – ce qui est démenti officieusement. Officieusement parce qu’il n’y a pas, à chaque fois, de réaction officielle, prolongeant le suspense, pour l’entreprise, ses clients et accessoirement sa dirigeante. Disons le : cela ne peut pas durer éternellement. Est-ce qu’une décision est vraiment prise ?Difficile d’avoir des certitudes définitives et surtout un calendrier. Des éléments indiquent qu’Anne Lauvergeon est menacée, mais je crois surtout que Nicolas Sarkozy « séquence » beaucoup les sujets. Actuellement, il y a les régionales, la crise grecque, un arbitrage définitif n’est peut-être pas rendu, il est peut-être le seul à le connaître. Ce qui est sûr, c’est qu’autour du chef de l’Etat des voix fortes formulent des critiques. Lesquelles ? Cela ne se passe pas bien avec le chantier finlandais du réacteur nucléaire de troisième génération ; les relations ne sont pas faciles avec EDF ; ni avec les autorités de sûreté. Et il y a l’échec du méga- contrat d’Abu Dhabi face aux Coréens. Tensions avec des clients étranger (la Finlande), des clients français (EDF), avec l’Etat : cela fait beaucoup. Mais d’autres voix rappellent qu’Anne Lauvergeon incarne le nucléaire français dans le monde depuis dix ans, qu’elle a certes une forte personnalité mais que ce n’est pas plus mal. Et par qui la remplacer ? Doit-elle partir ou pas ?Pour avoir un avis tranché, il faudrait connaître ce que l’Etat veut faire dans le nucléaire. Anne Lauvergeon a clairement une vision, l’opérationnel est sans doute plus compliqué. Ce qui est sûr, c’est qu’Areva a des projets aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Inde, en Italie et que le marché mondial, ce pourrait être 60 réacteurs par an en 2020. Ce qui est sûr aussi, c’est qu’une mission doit d’ici la fin avril fixer les orientations sur l’organisation de la filière nucléaire, les objectifs, la coordination des acteurs, EDF, qui vient de changer de patron, Areva, GDF Suez, Total etc. Ce qui est sûr, enfin, est que la France a accueilli ces derniers jours des représentants d’une soixantaine de pays pour promouvoir le nucléaire civil. Une clarification, dans un sens ou dans l’autre, devient urgente. Pourquoi est-ce si compliqué ?Ce sont des dossiers lourds. Peut-être aussi que les responsables politiques, qui savent ce qu’est le suspense des nominations, ce que sont les changements de postes imprévus, les débarquements surprise, peut-être que ces responsables souhaitent que d’autres en connaissent les délices !**

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