Bruno Lasserre, Président de l'Autorité de la concurrence
Bruno Lasserre, Président de l'Autorité de la concurrence © Hamilton / Réa / Hamilton / Réa
**Ce matin, vous avez décidé de parler ce matin d’une nomination à la tête d’une instance économique, dont on peu parlé ces derniers jours.** Cette instance économique, c’est l’Autorité de la concurrence, qui est le gendarme de la concurrence en France, craint par les gouvernements quels qu’ils soient et par les entreprises. Cette nomination, ou plutôt cette reconduction, c’est celle d’un homme peu connu du grand public, mais dont la compétence est suffisamment reconnue dans les sphères du pouvoir pour survivre à trois présidents de la Républiques. Il s’appelle Bruno Lasserre, il a une ressemblance avec Erik Orsenna, il a été nommé par Chirac en 2004, renommé par Sarkozy en 2009 et confirmé il y a dix jours par François Hollande, qui l’a reconduit par décret pour cinq ans. Au total, donc, presque quinze ans. **Et un gros dossier a été déposé sur sa table ce week-end : celui de la réorganisation du secteur des télécoms.** C’est lui, Bruno Lasserre, qui avait infligé une amende de presque 600 millions d’euros en 2005 à Orange, SFR et Bouygues parce qu’ils s’entendaient sur les prix. Cette fois-ci, l’Autorité de la concurrence va donner un avis sur le rachat de SFR par Bouygues ou Numéricable. Si c’est Bouygues, il n’y aura plus de trois opérateurs mobiles, Orange, Bouygues et Free et plus quatre – et la question est : est-ce un problème pour la concurrence et les prix ? Samedi, Bouygues, pour mettre les chances de son côté, a préparé la vente de ses 15.000 antennes à Free – les grandes manœuvres. Et du coup, Bruno Lasserre, dans Les ╔chos, se montre ouvert, affirmant que le vrai sujet n’est pas le nombre des opérateurs, mais la capacité de l’un d’entre eux, à secouer le cocotier – çà, ce sont mes mots. **Au-delà des télécoms, quels sont les succès et les échecs de l’Autorité de la concurrence ?** Cela n’a jamais fait la Une de l’actualité, mais les fabricants de lessive, de farine ou d’acier, qui ont dû payer des amendes record depuis dix ans, s’en souviennent encore. Bruno Lasserre estime que ces dernières années, l’idée de concurrence a progressé, il en veut pour preuve le soutien de l’opinion aux concurrents des taxis parisiens, pas aux taxis traditionnels. Ou le fait qu’un ministre comme Benoît Hamon, à la gauche du PS, ait fait voter une loi très pro-concurrence, sur l’optique notamment. Quand on l’interroge sur ses échecs, il cite la réparation automobile, chère et avec trop de liens entre les constructeurs et les garages ; il cite les banques, où la concurrence ne progresse pas ; et il l’énergie. EDF n’a pas de concurrent solide sur l’électricité. **Et vous connaissez ses priorités pour cette année ...** C’est précis et concret, vous allez voir ! Sa priorité numéro un, le transport. Pour introduire de la concurrence dans le transport par autocar ; pour regarder de près – c’est le Parlement qui le lui a demandé – les péages autoroutiers ; seconde priorité, la santé, avec le cas des prothèses auditives et dentaires ; enfin, les professions réglementées, avocats, notaires, pharmaciens, avoués où, dit-il, il ne s’est quasiment rien passé depuis 50 ans. Patrick, vous devriez l’inviter ! ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html) [Le site de l'autorité de la concurrence](http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/index.php)
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