Ce matin, tiens, une chronique de soutien à Thomas Legrand et aux journalistes politiques !

Vous allez comprendre pourquoi dans un instant. Il y a dix ans presque pour jour, le mot subprime était utilisé pour la première fois dans les médias français comme étant associé à un risque. Au printemps 2007 a démarré discrètement, presque sous les radars, la crise financière que le monde entier a découverte et qui a explosé en septembre 2008. C’était il y a dix ans, et l’incertitude économique n’a jamais vraiment cessé depuis. C’était il y a dix ans et les économistes et par ricochet les journalistes économiques ont beaucoup entendu à ce moment et pendant les années qui ont suivi, plus ou moins gentiment d’ailleurs, parfois avec des sarcasmes : vous n’avez rien vu venir, vous ne comprenez rien à ce qui se passe et vous êtes encore moins capables de prévoir -naturellement- ce qui va se passer. Eh bien, on a le sentiment que ce qui est arrivé à l’économie arrive aujourd’hui à la politique. La seule chose à anticiper est qu’il survient des choses imprévisibles. Les repères habituels ont disparu, les raisonnements qui paraissaient logiques ne le sont plus. Chamboule-tout à tous les étages. C’est pourquoi on a envie de dire aux journalistes politiques : bienvenu au club, on sera moins seuls !

Et cela pose une question sérieuse.

Oui. Celle-ci. Dans quel sens les enchaînements fonctionnent-ils ? Est-ce que c’est le désordre économique qui a provoqué, dix ans après, le désordre politique – le Brexit, Trump, la politique sens dessus dessous en France et l’extrémisme ? C’est tentant. Ou est-ce que ce sont les erreurs politiques des années 90, quand le gouvernement de Bill Clinton, aux Etats-Unis a libéralisé les politiques de crédit pour permettre aux Américains de devenir propriétaire, est-ce que ce sont ces erreurs qui ont déclenché le tsunami économique. L’oeuf et la poule on connaît. En réalité, ni l’un ni l’autre. Le chamboule-tout économique et politique tient à un double choc : géo-économique, avec l’arrivée à la table économique des pays émergents et donc de la moitié de l’humanité, et un choc technologique, avec l’informatique puis le numérique. Il s’agit de gérer et d’organiser une période de transition vers un nouveau monde. C’est forcément difficile et évidemment passionnant pour les commentateurs.

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