Les prix du pétrole ont plongé d’environ 25% lundi. C'est un soutien au pouvoir d'achat contre le choc du Coronavirus. Tant mieux. Mais c'est surtout la conséquence d'une bataille géopolitique et du stress général dans lesquels l'Europe apparaît ballottée.

La crise du coronavirus a des conséquences sur le prix du gazole
La crise du coronavirus a des conséquences sur le prix du gazole © AFP / Sameer Al-DOUMY

Cette chute du prix du baril est bonne pour nos réservoirs d’essence et nos chaudières, mais en même temps la brutalité de la baisse n’a rien de rassurant. 

A court terme, ce plongeon est excellent pour le pouvoir d’achat et sert d’amortisseur au choc économique du coronavirus. Soyons très concrets : si le baril de pétrole restait au niveau d’hier soir à Londres et New York, le prix du litre de gazole diminuera de 30 centimes à la pompe, pour se caler autour d’un euro le litre. Le prix du sans plomb 95 reculera d’une vingtaine de centimes.  Ce sont les prix que l'on a connus début 2016.

Ce sont des milliards d’euros restitués aux Gilets Jaunes et à tous les Français. A noter que le baril remonte un peu en Asie ce matin

Mais, bien sûr, c'est plus compliqué que cela. Cette dégringolade n’est pas seulement liée au coronavirus, c’est la conséquence de la déprime de la demande chinoise et autant de la fin d’une curieuse alliance entre l’Arabie saoudite et la Russie (pourtant en conflit sur l’Iran et la Syrie), une alliance sur le cours du baril. Vendredi, Moscou a décidé de lâcher Riyad pour avoir la peau du pétrole de schiste américain en le rendant moins rentable. Du coup, vengeance, Riyad a ouvert les vannes, les cours ont chuté. On est, si ose dire, dans la cour de récréation et le bac à sable.

Si cela s’était arrêté là, l’Europe se serait frotté les mains. Sauf que cette surprise, en plus de la quarantaine italienne, a paniqué les marchés boursiers. Paris et Wall Street se sont effondrés de 8%. Certes,  les Bourses étaient trop hautes, les niveaux atteints n'avaient guère de sens, elles devaient se retourner et le virus est aussi un prétexte. 

Mais le risque, ce sont les enchaînements : si toute l’économie a la fièvre, avec des emplois qui se perdent, la satisfaction de l’automobiliste sera de courte durée. En revanche, si la crise sanitaire est surmontée rapidement, il y aura plus de gagnants que de perdants. 

Le plus rageant est que l’Europe apparaît surtout impuissante ... 

Deux choses frappent dans la situation actuelle

Un : le virus vient de Chine comme la crise financière était venue de New York. Le prix du pétrole se décide à Riyad et Moscou. L’Europe compte les points et les malades, comme elle a assisté à la guerre commerciale entre Donald Trump et Xi Jinping. 

Deux : il est invraisemblable que la Chine, point de départ de l’épidémie et qui semble en train de s’en sortir, n’ait pas pris l’initiative de demander une réunion du G20, qui a été justement inventé pour associer les puissances émergentes. 

Ah c’est vrai, j’oubliais : le G20 est actuellement présidé par l’Arabie saoudite, on est mal barré. 

Europe, secoue-toi !

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