L’Europe joue une fois de plus sa place dans le monde. La question est de savoir si son économie va repartir comme les Etats-Unis et la Chine ou si elle va être à la traîne. C'est la vitesse de la vaccination qui va décider. La France pourrait bien rebondir très fortement.

L'Europe joue sa place dans le monde
L'Europe joue sa place dans le monde © Getty / Matthias Kulka

La question de la place de l'Europe dans le monde saute aux yeux après avoir regardé, comme je l’ai fait hier, la cheffe économiste de l’OCDE, la française Laurence Boone, présenter les nouvelles prévisions de l’organisation internationale. La question pour l’Europe est de savoir si son économie va repartir comme   les Etats-Unis et la Chine ou si elle va être à la traîne. Et c'est la vitesse de la vaccination qui va décider. 

Dézoomons un instant. Au fond, qu’est-ce que l’Europe ? 

C’est le continent où on vit le mieux (sans le savoir), où le mode de vie est le plus équilibré (entre travail et loisirs), où les systèmes sociaux sont les plus généreux, où les inégalités sont les moins fortes. 

Mais l’Europe, c’est aussi un continent qui bouge lentement  et qui n’a pas de volonté de puissance. 

Depuis un an, l’Europe a davantage essayé de protéger les plus âgés que les Etats-Unis -c’est son modèle. Mais au moment de la contre-attaque qui a pour nom le vaccin, elle n’a pas su mettre en place, comme les Etats-Unis, une économie de guerre. C’est-à-dire dépenser beaucoup, décider vite et -surtout- penser à la logistique, la production de centaines de millions de doses.

En termes diplomatiques, l'OCDE dit que c’est un problème pour l’Europe

Avec son gigantesque plan de relance et sa vaccination accélérée, les Etats-Unis vont remonter rapidement sur le cheval. 

L’Europe, elle, risque de ralentir la reprise mondiale si elle n’accélère pas maintenant sa vaccination. Pour autant, l’OCDE veut y croire et anticipe un rebond de la croissance mondiale, de près de 6%. 

Et pour la France ? Elle a chuté lourdement en 2020, mais l'OCDE voit son économie repartir fortement cette année (près de 6% !). Pourquoi ? Parce que pour l’instant, elle est moins confinée que ses voisins immédiats.

En mars 2020, elle avait appuyé plus fortement que les autres sur le bouton pause de l’activité économique ; en mars 2021, elle appuie moins fortement que les autres. 

Mais là encore c'est une course contre la montre :  

  • l’été prochain, y aura-t-il une bonne saison touristique et culturelle ? 
  • Dans quel état les entreprises sortiront elles de cette crise ? 

Là encore la vitesse de la vaccination est essentielle et pour Emmanuel Macron c’est une courbe aussi essentielle que celle du chômage pour François Hollande. Bref, l’Europe joue maintenant sa place pour les 5 ans qui viennent et le président de la République joue la fin de son mandat.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter