Pendant le week-end du 11 novembre, beaucoup de Français circulent sur les routes. Du coup, vous nous parlez « voiture » ce matin. Et plus précisément consommation de carburants !

Oui, parce que les résultats d’une enquête très récente sur la vraie consommation en carburant des voitures montrent que la lutte contre les émissions polluantes et le réchauffement climatique est un travail de tous les instants, un rocher de Sisyphe. Et que c’est un travail d’une extrême technicité. De quoi s’agit-il ? L’Institut T&E, qui regroupe des associations environnementales en Europe, met en évidence le décalage de plus en plus important entre la consommation des voitures vantée par les constructeurs en bas des pubs vous savez et les consommations réelles. Les voitures neuves vendues l’an dernier consommeraient 31% de carburant de plus que ce qui est proclamé officiellement. Il y a dix ans, le décalage n’était que de 7% ! Les plus gros tricheurs seraient Mercedes, Audi, et General Motors. Renault et PSA seraient plus honnêtes, mais à peine. Autre façon de dire la même chose : les constructeurs nous font moins économiser de carburant qu’ils ne le disent. Alors, sachez-le : les constructeurs émettent (si on peut dire) des réserves sur ces résultats, qu’ils contestent. Mais ce qui est intéressant est de savoir Un – pourquoi il y a une telle différence entre consommation affichée et réelle dans la vraie vie sur la route ? Deux – Pourquoi les constructeurs sont très embarrassés par cette affaire.

Et donc, pourquoi ?

La première explication qui vient à l’esprit quand on regarde cette (petite) tricherie, elle est commerciale : quand on vend une voiture, on enjolive un peu la réalité ! Parce qu’un client préfère acheter un véhicule qui consomme 5l aux 100 qu’un autre à 7 litres – Logique. Mais c’est techniquement que le sujet est intéressant parce qu’il est à double-fond. La méthodologie des tests officiels pour mesurer la consommation d’essence a été définie dans les années 90. La voiture testée roule onze kilomètres (pas plus) à une vitesse moyenne de 33 kms/heure, on ne prend en compte ni la climatisation ni les phares et la température de l’habitacle est clémente… Autres astuces : pneus sur-gonflés, alternateur déconnecté, lubrifiants de luxe etc. Tout est fait pour que la consommation soit faible, mais on roule rarement dans ces conditions-là … Eh bien, ces conditions de tests ont une autre conséquence : elles baissent artificiellement aussi la quantité de CO2 qui sort des pots d’échappement – là où il y a, au niveau européen, des objectifs de plus en plus exigeants … Comme les émissions sont directement corrélées à la consommation, les constructeurs ont optimisé leurs tests. Du coup, en ce moment, Bruxelles est en train de revoir toutes ces règles. Et donc, voilà les deux informations majeures : un, la consommation de carburant affichée par les constructeurs sur leurs publicités va remonter, cela va nous faire drôle. Deux : il y a un grand doute sur la baisse des émissions de CO2 par l’automobile ces dernières années et c’est un gros problème de confiance, qui conduit à penser que les changements dans les modes de mobilité – comme le covoiturage- auront plus d’effets contre le réchauffement climatique.

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