Retour sur la chute d’Altice en bourse, le groupe de Patrick Drahi – et ses conséquences.

Patrick Drahi reprend en main Altice, le géant des Télécoms
Patrick Drahi reprend en main Altice, le géant des Télécoms © AFP / ERIC PIERMONT

On en parle parce qu’une chute de 35% en cinq jours de l’action est rare chez les grandes entreprises. En une semaine, la capitalisation (la valeur financière) de l’entreprise cotée à Amsterdam a reculé de sept milliards d’euros -pas moins. 

Qu’est-ce Altice ? 

Dans le téléphone, c’est SFR, 20 millions d’abonnés fixe et mobile. Mais ce sont aussi des droits de diffusion de matchs de football et ce sont bien sûr des médias - BFM-TV, RMC, L’Express, Libération. Ailleurs, Altice est présent aux Etats-Unis, au Portugal, en Israël, avec de vrais succès. 

Que se passe-t-il ? 

Ce sont les derniers résultats économiques et financiers qui ont inquiété : SFR continue de perdre des abonnés dans le téléphone fixe, après en avoir perdu dans le mobile. Dans les milieux des télécoms, on appelle SFR le donneur universel : les abonnés filent tous ailleurs

Cette marque SFR va disparaître en 2018 pour s’appeler Altice, mais SFR paie toujours le manque d’investissements passé, qui a longtemps eu pour effet une qualité de réseau moyenne, et un service client médiocre. 

Ce n’est pas la dette énorme de 50 milliards qui, curieusement, pèse, mais la déception de ceux qui ont cru au magicien Drahi.  

Est-ce que cela va durer ?  

Je n’en sais fichtre rien, la bourse c’est mystérieux et le groupe a des atouts forts. 

Cette nuit, pour tenter de rassurer, Patrick Drahi a sacrifié et annoncé le départ de Michel Combes, le directeur général -qui avait dirigé auparavant Alcatel- et son remplacement par un américain. 

Bon, en fait, Drahi reprend tout en mains. On verra l’effet. 

Mais au-delà, la question intéressante, c’est qu'il a fait un pari stratégique de marier les télécoms et les contenus, les tuyaux et les images. Il a dépensé beaucoup d’argent (y compris en faisant des grosses économies sur le nombre de salariés) en pensant que les clients Internet et mobile choisiraient son réseau pour regarder du sport, des films ou des infos. 

C’est une vieille histoire écrite il y a longtemps, mais trop tôt, par Jean-Marie Messier -vous vous souvenez. 

Aujourd'hui, tout le monde s’y met, ce pari sera peut-être gagnant, mais 1- d’autres acteurs deviennent très forts sur les contenus, comme Netflix. 2- les clients rappellent quand même que le premier service qu’ils attendent, c’est d’avoir Internet, un réseau téléphonique et un service client qui les satisfont. C’est tout bête.

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