Les syndicats de fonctionnaires sont mobilisés aujourd’hui, notamment sur le pouvoir d’achat.

Oui, sur le gel du point d’indice, le retour du jour de carence en cas de maladie et la hausse de la CSG. Sur le dernier point, la CSG, le gouvernement a été maladroit. Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis que cette opération de basculement sur les cotisations sociales dégagerait du pouvoir d’achat pour tous les actifs, y compris les fonctionnaires. Désormais, il n’en est plus question, l’opération sera neutre, ce qui laisse penser qu’il y a deux catégories d’actifs, ceux du privé et ceux du public. Pour autant, cette mobilisation maintenant est paradoxale dans la mesure où la masse salariale des fonctions publiques affiche cette année une hausse d’un niveau qu’elle n’a pas connue depuis quinze ans en raison du dégel du point décidé par François Hollande et de différentes mesures catégorielles ou structurelles sur les carrières. La dernière étude sur le sujet, qui date du 27 juillet et qui est disponible sur le site de l’Insee, montre aussi que le pouvoir d’achat des fonctionnaires a augmenté de 0,4 % en 2015 et même de 1,8 % pour les salariés en place depuis 2 ans dans la même administration. Cela sera davantage, c’est certain, en 2016 et 2017. D’où, donc, le goût paradoxal à cette mobilisation.

Mais le malaise vient de bien plus loin...

Les fonctionnaires souffrent d’un manque de reconnaissance auquel la seule réponse apportée (ou non), par habitude et paresse intellectuelle, est d’ordre salarial. C’est réducteur. Une enquête que l’on révèle ce matin d’un cabinet de consultants, le BCG, et de l’institut de sondage IFOP, pour notre confrère Acteurs Publics montre la dramatique absence de RH, de gestion des ressources humaines. Tous les indicateurs sont absolument affligeants voire effrayants. Le sentiment de désillusion est énorme, en clair les fonctionnaires disent qu’il n’y a pas de politique de RH, de reconnaissance du travail. Sur trente-un critères RH, la gestion est jugée « peu adéquate » pour 30, le seul qui atteint la moyenne est la formation. La plus grande insatisfaction concerne cinq sujets : la reconnaissance du mérite, la mobilité, la politique de rémunération, la justesse des évaluations et la capacité à innover. Question naïve : qui a intérêt à ce que cela continue comme cela ?

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