Quels sont les secrets de l'incontestable succès économique de Donald Trump aux Etats-Unis. Et que révèlent-ils ?

Economiquement, les Etats-Unis de Donald Trump se portent bien
Economiquement, les Etats-Unis de Donald Trump se portent bien © AFP / Olivier Douliery

Le Fonds monétaire International a dû le concéder hier : l’économie américaine est (je cite) exceptionnellement robuste. On aimerait entendre un jour la même chose à propos de la France ! 

Donald Trump fait scandale, il est mégalomane, son instabilité fait peur, mais les résultats économiques de son pays sont exceptionnels. La croissance ? Elle va frôler les 3% cette année, et le deuxième trimestre a été particulièrement brillant. Elle sera à peine moins élevée l’an prochain. 

Le chômage ? Sous la barre de 4% de la population active, au plus bas depuis 1969 si on excepte quelques mois en 2000. Je n’aurais pas la cruauté de rappeler le niveau du chômage français. Même le taux de pauvreté recule. De son côté, Wall Street bat record sur record. 

Bref, si l’accélération a commencé sous Obama, Trump a pour l’instant réussi. Le point intéressant est qu’il a réussi par des moyens ultra-classiques, libéraux et keynésiens à la fois : une gigantesque relance fiscale, une baisse de l’impôt sur les sociétés de 35 à 21%, un encouragement à rapatrier les bénéfices, et des dépenses publiques en forte hausse. C’est simple, et même si on aime pas cela du tout, les Etats-Unis sont devenus un paradis fiscal. 

Naturellement, les experts pointent les faiblesses qui vont apparaître (à cause de la guerre commerciale), ils disent que le cycle (comme on dit) va se terminer. Mais ces chiffres vont peser dans la balance dans le scrutin de novembre.  

Est-ce qu’ils cachent un loup ? Non, des loups ! Un petit, un moyen et un gros. 

Le petit loup est que tout le monde ne bénéficie pas des moteurs allumés, le marché de l’emploi est moins mirifique qu’il n’y paraît, certains restent en dehors. 

Le moyen loup est que la politique de Donald Trump bénéficie d’abord aux plus aisés alors qu’il a été élu avec les voix des Américains en souffrance. Lui, il croit au ruissellement. 

Le gros loup enfin est que ses choix se résument en une phrase : après moi, le Déluge. Le déficit budgétaire est proche de 1.000 milliards, il se moque des effets de ses actes sur le reste du monde et c’est la position royale du dollar qui l’aide. Ne soyons pas mauvais joueur : çà durera ce que ça durera mais jusqu’à présent, il a réussi.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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