Les partisans d’une réforme arguent que l’espérance de vie augmente et que travailler plus est nécessaire. Les opposants avancent que l’espérance de vie en bonne santé stagne. Ce dernier indicateur est en réalité très frustre. Ce qui n'interdit pas de vraies questions.

 La retraite, oui… mais en bonne santé ?
La retraite, oui… mais en bonne santé ? © Getty / Hero Images

Les nouveaux éléments publiés mardi par le ministère éclairent le débat des retraites

En dix ans, l’espérance de vie tout court a gagné un an pour les femmes (environ 85 ans) et deux ans pour les hommes (environ 80). 

En revanche, l’espérance de vie sans incapacité n’a pas ou peu bougé pour les femmes (autour de 64 ans) et les hommes (autour de 63). 

Mais une fois que l’on a dit cela, il faut regarder comment est construit cet indicateur et il est en réalité sommaire, très sommaire. La question posée aux Français sondés est celle-ci, et seulement celle-ci :

Êtes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ?

Cela a l’avantage d’être simple, mais la réponse « oui » prend aussi bien en compte un léger mal au dos qu’une pathologie très grave et définitive, un handicap que le fait d’entendre ou de voir moins bien. Voire peut-être les grossesses puisqu’il s’agit d’une moyenne sur la vie... 

Heureusement, l’espérance de vie sans limitation sévère d’activité à 65 ans est plus élevée. Mais franchement il est compliqué de fonder une réflexion économique, sociale et politique sur cet indicateur. 

Cet indicateur devrait donc être mis au rancard ?! 

Pas du tout ! Mais il faudrait le compléter. Cet indicateur de bonne santé a été mis au point dans les années 1990/2000 au niveau européen. Mais le problème est que la moyenne, celle que l’on retient dans le débat public, est très moyennement intéressante. 

Elle n’est pas assez précise, on l’a dit, sur les incapacités dont on parle et surtout elle ne distingue pas selon les métiers, les catégories socio-professionnelles. Un ouvrier du bâtiment n’a pas le même état de santé à 60-65 ans qu’un cadre. C’est tout l’enjeu des départs anticipés et de la pénibilité -qui concernent, on l'oublie souvent, beaucoup de monde puisque un salarié sur deux part avant 62 ans- mais des données complètes devraient être disponibles. 

Concluons avec Oscar Wilde : 

Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie, mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années !

Plus d'infos 

Lire ici les éléments publiés mardi par le ministère de la santé 

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