Le patron de Renault, s’exprime dans les colonnes dans le journal « Les Echos ».

Oui, et il apporte un message plutôt optimiste : pour lui, l'automobile voit le bout du tunnel en Europe. 2014 sera meilleure que les cinq dernières années. Et comme ça va mieux aussi aux États Unis, l'an prochain verra un nouveau record du marché automobile mondial malgré le ralentissement des pays émergents. Tant mieux. Mais ce qui est intéressant, au delà, est que Carlos Ghosn reste un mystère pour un certain nombre de raisons et cette interview ne lève pas totalement le mystère de cet homme qui est à la tête du troisième ou quatrième groupe automobile mondial. Normalement, une telle position, superbe position dans un métier difficile, devrait lui assurer estime, gloire et reconnaissance. En réalité, c’est le cas dans le monde, mais pas en France. Vu du monde, Carlos Ghosn est le patron de quatre marques, Nissan, Renault, Samsung et Dacia, et il arrive derrière Toyota et General Motors, au coude à coude avec Volkswagen. Mais vu de France, il dirige Renault, entreprise qui produisait plus d’un million de véhicules par an sur le sol national et qui n’en produit plus que la moitié aujourd’hui. Il dirige Renault, Renault dont la gamme, les modèles, ne créent pas - disons-le - l’extase des amoureux de voitures et même des experts si l’on excepte la Clio 3. D’où l’idée qui s’est imposée ici - y compris dans une partie de ses propres équipes - qu’il a sacrifié Renault, qu’il a oublié Renault.

Et c’est vrai ?

Vu de France, oui. Mais à condition de reconnaître en même temps que Renault est le généraliste européen qui a le mieux résisté à la crise si l’on oublie Volkswagen. Renault va mieux que Peugeot, mieux que Fiat, mieux qu’Opel. Mais c’est grâce à Dacia, la Logan, le Duster, qui roulent très bien et qui sont vendus sous marque Renault hors de France. Car après Louis Schweitzer, Carlos Ghosn a compris que le marché qui explose dans le monde, c’est celui de l’entrée de gamme. Tous les constructeurs salivent devant ce marché mondial de l’auto passé de 60 à 80 millions par an en quelques années. Au fond, le péché originel de Carlos Ghosn, c’est qu’il apparaît plus, à tort ou à raison, comme un homme d’affaires la tête dans les fuseaux horaires que comme un fou de voitures et de la France.

Et puis, il y a le mystère sur la voiture électrique…

Le patron de Renault a-t-il cru, croit-il vraiment, à la percée de la voiture électrique ? Ou ce grand projet, est-ce de la poudre aux yeux, un moyen de calmer les responsables politiques français avec des développements en France, et en prenant au passage des subventions ? Mystère. Carlos Ghosn en parle moins et Arnaud Montebourg, lui, ne jure que par la voiture qui consommera 2 litres aux 100.

Dernier mystère Carlos Ghosn, sa façon de diriger.

Il est tout puissant, il n’a même plus de numéro deux depuis quelques jours. A 59 ans, il tient en tous cas suffisamment le volant pour que le gouvernement, qui ne contrôle que 15% du capital, ne puisse pas le renvoyer même s’il le voulait quand arrivera la fin de son mandat, au printemps prochain. Ca, ça n’est pas un mystère.

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