L'arrivée des tests rapides de dépistage du Covid-19 d'un côté, la suspension de l'essai de phase 3 par AstraZeneca : la course à l'innovation continue cet automne, avec un équilibre à trouver entre vitesse et précipitation.

La course contre la montre continue d’autant plus que l’épidémie n’est pas partie, bien au contraire, et chaque jour, il y a des informations nouvelles, bonnes ou moins bonnes. 

L’innovation positive et prometteuse du jour, la voilà : l’APHP -les hôpitaux de Paris- va recevoir aujourd’hui par avion 100.000 tests d’un nouveau genre, auxquels les Parisiens auront accès dès la semaine prochaine -ce sera en fait un peu plus long, a précisé Martin Hirsch (APHP) ce lundi. Ces tests rapides, dits antigéniques, fonctionnent avec un écouvillon dans le nez (comme les PCR classiques), mais le résultat arrive en 15-20 minutes seulement. Olivier Véran en avait dit un mot mardi matin à ce micro, et le soir il est allé à l’hôpital Henri Mondor pour que Martin Hirsch, qui pilote le projet, le lui présente. 

Selon nos informations, ce test est fabriqué par un industriel coréen, vaut 6 euros pièce et plusieurs centaines d’étudiants en filière médicale l’utiliseront dès demain. Même s’il est un peu moins précis que le test classique, ce type de test rapide -d'autres industriels Abott ou Roche vont en lancer aussi- va désengorger les files d’attente et surtout faciliter le dépistage. 

Là, une victoire, mais il y a aussi des embûches. Le laboratoire pharmaceutique britannique AstraZeneca a donc annoncé la suspension de son essai de vaccin contre le Covid19 parce qu’un participant est tombé malade. Un sur 30.000, mais il faut trouver la cause de l’incident ou de l’accident -on ne sait pas encore. L'essai reprendra sans doute mais c’est un rappel que fabriquer un vaccin est très compliqué. 

Les laboratoires du monde entier empruntent trois approches. Le tandem AstraZeneca / Oxford, les Chinois et les Russes utilisent les vaccins dits à adénovirus, à partir du champinzé pour les Britanniques. Les Américains Moderna et Pfizer misent sur un vaccin à ARN, qui va apprendre à nos cellules à se battre, c’est plus innovant. Pasteur et Sanofi, eux, parient sur un vaccin dit recombinant qui injecte un virus atténué, un peu comme la grippe : c’est le plus classique. J’espérais faire le malin en vous détaillant cela, mais il vaut mieux que je m'arrête là ! 

Tous ces labos sont sous pression énorme et pour la desserrer, les firmes occidentales ont demandé par écrit aux politiques du monde entier d’attendre que les vaccins soient sûrs avant de les distribuer. Message évidemment destiné à Donald Trump. Course à l’innovation, oui, mais chacun sait que la confiance dans les vaccins est une espèce à protéger ....

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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