Beaucoup de Français passent leurs vacances en Grèce. Mais ce n’est sans doute pas en sirotant un ouzo qu’on peut mesurer la gravité de la crise que traverse ce pays.

Certainement et pourtant la Grèce est minée depuis maintenant 7 ans par une crise dévastatrice et interminable. C’est pourquoi j’aimerais rappeler quelques vérités que les gouvernements européens refusent de regarder en face.

D’abord, cette méthode punitive et je dirais même humiliante employée durant toutes ces années, est un échec. Sous la menace permanente d’une exclusion de l’euro, les Grecs ont été contraints d’adopter un nombre incalculable de réformes sur l’Etat, la fiscalité, le travail, la retraite… Mais pour quels résultats ? Le chômage et la pauvreté ont explosé, les hôpitaux sont à cours de médicaments, les jeunes quittent le pays. Le coût social est vraiment gigantesque…

Alors Pourquoi ca n’a pas marché? Tout simplement parce on ne peut pas appliquer un plan d’austérité et en même temps demander au pays de se réformer en profondeur Comment les Grecs réussiraient-ils ce que nous n’arrivons pas à faire chez nous, en France ?

Mais est-ce qu’au moins, grâce à ces remèdes de cheval la croissance revient ?

Non. L’Allemagne d’Angela Merkel aimerait croire à la fable d’une économie grecque qui repart du bon pied grâce aux courageuses réformes qu’elle a inspirées… et qui ainsi pourra rembourser sa dette. Mais c’est faux.

La Grèce a perdu un quart de sa richesse depuis le début de la crise et elle ne retrouvera pas le chemin d’une croissance durable dans les conditions actuelles qui restent austéritaires. Le FMI, lui-même, affirme que le pays ne pourra pas dégager une croissance moyenne de plus de 1% par an au cours des 40 prochaines années.

Dans ces conditions, il va être très difficile à la Grèce de rembourser sa dette …

Encore une vérité difficile à admettre pour les dirigeants européens. Il y a bien eu des discussions ces derniers mois sur une possible restructuration de la dette qui atteint désormais 320 milliards d’Euros, le double de la richesse du pays. Mais les Allemands ne cessent d’en repousser l’échéance. On sait maintenant que rien ne se fera avant 2018, une fois passées les élections législatives allemandes.

Si les leaders européens continuent de se voiler la face, on est donc dans une impasse.

Oui, la seule solution c’est de restructurer rapidement la dette grecque en allongeant les remboursements dans le temps.

Sinon, la confiance et donc la croissance ne reviendront pas et l’Europe sera condamné à multiplier les plans de soutien. On se retrouvera dans cette situation ubuesque où on prête de l’argent au gouvernement grec pour qu’il puisse rembourser sa dette. On en est aujourd’hui au 3ème plan de ce type. Si la Grèce ne peut pas retourner sur les marchés pour se financer elle-même comme n’importe quel pays, il en faudra un 4 ème et sans doute un 5ème. C’est absurde et surtout cela discrédite l’ensemble la zone euro.

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