Manuel Valls va annoncer aujourd'hui des mesures pour la jeunesse. Il veut déminer le terrain de la loi Travail.

La principale disposition que le Premier ministre annoncera, selon les informations de la journaliste des Echos Leîla de Comarmond, sera la prolongation (dès cet été) des bourses des étudiants quatre ou six mois après la fin des études. Une aide à la recherche d'emploi qui concernerait les 700.000 boursiers s'ils inscrivent à Pôle Emploi et même davantage puisque elle serait ouverte aux bacheliers. C'est la mesure que l'on retiendra et qui évidemment, logiquement, sera bien accueillie par les étudiants et leurs familles. Néanmoins, si on réfléchit une seconde, on peut trouver étrange de répondre à un problème d'emploi sur le marché du travail par une disposition sur le pouvoir d'achat. C'est certes la méthode la plus habituelle qui soit dans notre pays. Mais la vraie question, la plus logique, ne serait-elle pas plutôt de se demander pourquoi l'insertion dans la vie économique est si difficile ? Entre le vertige des petits patrons qui ne veulent pas s'engager avec un CDI pour des années, les abus (réels) de certaines entreprises avec les stages à répétition ou l'inadéquation, certaine, entre les formations et les besoins du marché du travail, on a le choix pour les réponses.

La réponse gouvernementale, elle, soulève une autre question.

Ce sont des étudiants que l'on a vu dans la rue. Mais ce ne sont pas eux les victimes les plus marquantes du chômage des jeunes. Je vais donner une statistique effrayante, qui vient de l'Insee. Si on regarde le taux de chômage des jeunes pas ou très peu diplômés (niveau brevet en fait) au cours des quatre (quatre) premières années après leur entrée sur le marché du travail, ce taux de chômage est de plus de 50 %. Plus de un sur deux ! Ce même taux de chômage est, pour les bacheliers, titulaires d'un BEP ou d'un CAP, un peu moins élevé (24 %), mais toujours très haut. Enfin, pour les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur, il est compris entre 11 et 12 %. Certes, il y a trop de jeunes étudiants qui rament trop longtemps avant de trouver un emploi stable. Mais ceux qui galèrent vraiment, qui ne manifestent pas, eux ils ont intérêt à ce que les règles du marché du travail changent. Il faudra donc se demander en écoutant tout à l'heure Manuel Valls, si ses mesures sont bien ciblées.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.